Laurence Anyways de Xavier Dolan

Pour la sortie hier du nouveau film de Xavier Dolan, Mommy, j’ai choisi de vous chroniquer un de ses anciens films Laurence Anyways. Je trouve qu’on voit Xavier Dolan de partout en ce moment et il est qualifié par beaucoup de critique de jeune prodige du cinéma mais j’ai l’impression que pas beaucoup de gens ont vraiment pris la peine de voir ses films.

Laurence Anyways parle de Laurence, un homme qui décide de changer de sexe. On suit sur une période de 10 ans dans les années 1990 sa relation tourmenté avec sa compagne Fred.

Pour ma part, c’est la deuxième film de Xavier Dolan que je vois après Les amours imaginaires et j’ai largement préféré celui-là. J’ai absolument tout adoré et j’ai envie de vous enchaîner à une chaîne pour vous forcer à le regarder. Je ne pense pas que ce film (et que la filmographie de Xavier Dolan en général) peut plaire à tout le monde pour deux raisons. La première, est qui m’a gêné au début, est que Dolan travaille tout le temps avec les mêmes acteurs venant pour la plupart du Québec et ayant un accent très prononcé. Je n’ai absolument rien contre l’accent québequois mais je dois reconnaître que certains personnages sont parfois dure à comprendre. La deuxième raison est que on retrouve dans tous ses films un univers assez particulier que personnellement j’adore mais qui correspond plus à un univers de films indépendants, d’artistes qu’aux normes du cinéma actuelle. C’est d’ailleurs dommage car ses films sont en général considéré comme des films « d’intellos » alors que la volonté de Xavier Dolan comme il le répète en interview est de créer des films grand public.

Si ces deux aspects ne vous dérange pas, qu’attendez-vous ? Tout est parfait, les acteurs que je ne connaissais pas m’ont époustouflés. Suzanne Clément qui joue Fred a un talent immense, elle m’a ressentir toutes les émotions possibles et imaginables et j’espère la voir un jour dans d’autres films. Le sujet est superbement traité, la transsexualité est abordée d’une manière très simple sans jugement. Cependant, ce qui ressort le plus du film en terme de scénario c’est l’histoire d’amour. Un peu comme Le bleu est une couleur chaude (la BD de Julie Maroh pas le film de Kechiche !!) est avant d’être une histoire sur l’homosexualité une histoire d’amour, Laurence Anyways avant d’être un film sur le changement de sexe est également une magnifique histoire d’amour.

J’adore la manière de filmer de Xavier Dolan. Je trouve qu’il y a des plans très poétique et même si le film est très réaliste, on perçoit une part de fantastique, de magie. Certaines images ne me quitteront pas comme par exemple celle où un papillon sort au ralenti de la bouche de Laurence. Tout est très travaillé, les musiques pop, les costumes style friperie vintage, les couleurs ….

Bref je vous conseille absolument de vous pencher sur ce film ou du moins sur Xavier Dolan ! J’ai très hâte de découvrir Mommy !

Laurence Anyways écrit et réalisé par Xavier Dolan

Avec : Suzanne Clément, Melvil Poupaud, Monia Chokri, Nathalie Baye …

2012 – 168 min

Palo Alto de Gia Coppola

Etant une immense fan de Sofia Coppola, c’était limite une obligation pour moi de découvrir le premier film de sa nièce Gia Coppola surtout que j’avais lu pas mal de critiques comparant Palo Alto à Virgin Suicides, un de mes films préférés.

Premier point de ressemblance avec Sofia, Gia choisit comme sujet de premier film des adolescents désillusionnés qui s’ennuient à mourir à Palo Alto, Californie. Le scénario reprend des personnages de nouvelles de James Franco que je meurs d’envie de lire. L’histoire n’a pas vraiment une intrigue qu’on suit du début à la fin, je le vois plus comme plusieurs portraits d’adolescents. Gia Coppola se contente de nous montrer qui ils sont, elle ne pose point de jugements sur leurs actes et ne répond à aucune question, elle semble juste vouloir nous dire « regardez ces enfants complètement paumés en train de souffrir, regardez comme c’est beau ».

Car là où l’on voit le plus l’influence de sa tante sur la jeune réalisatrice c’est bien dans la beauté des images et ce n’est pas pour me déplaire. Les couleurs à la fois pastel et sombres et les plans choisis toujours très judicieux ne sont pas du tout pour me déplaire. J’adore un film quand l’histoire est prenante et les personnages bien construits mais j’adore un film par dessus du tout quand je le trouve juste beau. J’avais juste envie de faire des poses pour croquer toutes les scènes pendant tout le film tellement j’ai aimé la manière dont Gia Coppola filme ses personnages.

J’ai trouvé les dialogues très bien écrits et les jeunes acteurs jouent très biens (après The 100 ça fait plaisir de voir qu’il y a de jeunes acteurs qui savent être crédible avec un jeu simple). Si Emma Roberts, parfaite dans ce rôle, n’est pas vraiment une révélation, Nat Wollf et Jack Kilmer sont des acteurs à suivre.

Je n’ai pas grand chose à dire sur ce film tellement je l’ai aimé. Il est loin d’être parfait, certains vont surement le trouver ennuyeux ou d’autres sans intérêt mais moi c’est tout ce que j’aime des belles images et des personnages justes et attachants. Je trouve que parfois le simple quotidien des gens si il est bien filmé m’émeut autant voir plus qu’un drame avec séparation et mort au final. J’attends avec impatience le prochain film de Gia Coppola et j’espère qu’elle trouvera une marque un peu plus personnelle car si j’ai un seul reproche à faire à ce film c’est peut être que j’ai trouvé les ressemblances avec l’univers de Sofia Coppola un peu trop grandes. On aurait parfois dit des personnages de The Bling Rings filmés à la manière de Virgin Suicides.

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Palo Alto, un film américain de Gia Coppola

Avec Emma Roberts, James Franco, Nat Wolff, Jack Kilmer …

1h30

2014