3 pièces de théâtre contemporain

Aujourd’hui, je reviens pour parler théâtre. J’aime le théâtre sous toutes ses formes, en tant que comédienne, en tant que spectatrice et en tant que lectrice. Avec la sortie de Harry Potter and the Cursed Child, je me suis rendue compte que beaucoup de gens n’avaient pas l’habitude de lire du théâtre. Même si le théâtre est fait pour être vu et entendu, on peut découvrir de véritables pépites en lisant certaines pièces. J’ai choisi de vous conseiller trois pièces de théâtres contemporains, bien loin des pièces de théâtre que vous avez dû être forcé de lire au lycée. Si vous avez du mal à rentrer dans l’histoire lorsque vous lisez une pièce, je vous conseille d’essayer de lire à haute voix, seul ou à plusieurs si il y a plusieurs personnages. Je vous recommence également d’emprunter à votre bibliothèque plutôt que d’acheter les ouvrages car en général ils coûtent plutôt cher.

Chroniques des jours entiers, des nuits entières de Xavier Durringer – 1996

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sexe, drogue et rock’n’roll (enfaite non)

Cette pièce, c’est un dialogue entre plusieurs personnages : jeunes, français, de classe moyenne voir de milieux modestes. Ils n’ont pas réussi leur vie mais ils ne sont pas malheureux pour autant, il y a un couple qui se disputent sans arrêt, un célibataire désespéré, deux « voyous » voleurs de piano … Le talent de Durringer, dramaturge, metteur en scène et réalisateur, réside dans son écriture. Le style est vif, les répliques fusent et les longs monologues sont rythmés. Les personnages, reflet d’une certaine jeunesse française qui s’ennuient et qui ne trouvent pas sa place, ne brillent pas par leur intelligence ou leurs bonnes actions mais on ressent la profonde tendresse qu’éprouve pour eux leur créateur.

Si on enlève toutes les heures inutiles, toutes les heures qu’on a passé à se laver, à manger, à boire, à aller faire les courses, à préparer à manger, à mettre la table, à regarder la télé, à travailler, à partir travailler, à revenir, à être sur les routes, entre deux endroits, deux trains, deux appartements, à dormir.
Qu’est-ce qui me reste ?

4.48 Pychose de Sarah Kane – 2000

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le contenu du livre est 1000 fois plus créatif que sa couverture

Sarah Kane est une dramaturge britannique qui s’est suicidée à l’âge de 28 ans en 1999. Cette pièce, sa dernière, est un long monologue d’une femme hospitalisée à cause d’une sévère dépression, maladie dont Sarah Kane souffrait. Ce texte, entre la fiction et l’autobiographie sous forme de théâtre, a été un véritable coup de poing pour moi. Sa lecture est très éprouvante physiquement, j’ai vraiment ressenti la douleur et la détresse du personnage. Ce monologue s’approche de la poésie en vers libres car l’écriture de Kane est très majestueuse bien que violente et crue et  la mise en page n’est pas la même qu’une pièce de théâtre classique, l’auteur joue avec la ponctuation et les espaces. Lors de la première représentation de la pièce en France, c’est Isabelle Hubert qui a interprété le texte, j’aurai tellement aimé voir cette mise en scène !

Si on enlève toutes les heures inutiles, toutes les heures qu’on a passé à se laver, à manger, à boire, à aller faire les courses, à préparer à manger, à mettre la table, à regarder la télé, à travailler, à partir travailler, à revenir, à être sur les routes, entre deux endroits, deux trains, deux appartements, à dormir.
Qu’est-ce qui me reste ?Parfois je me retourne et retrouve votre odeur et je ne peux pas continuer je ne peux pas continuer putain sans exprimer ce terrifiant ah putain cet effrayant ce blessant putain de besoin physique que j’ai de vous. Et je ne peux pas croire que je peux ressentir ça pour vous et que vous, vous ne ressentiez rien. Vous ne ressentez rien ?
Silence.
Vous ne ressentez rien ?
Silence.

Cendrillon de Joël Pommerat, 2011

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comme quoi c’est possible de faire des belles couvertures de pièces de théâtre

Pour finir sur une note plus légère, parlons réécriture de conte. Joël Pommerat est un des dramaturges et metteurs en scène français les plus connus de sa génération. Pour être honnête, je ne connais pas l’ensemble de son travail mais depuis quelques années il s’amuse à monter des spectacles transposant des contes classiques dans une époque plus contemporaine. Après Le Petit Chaperon Rouge et Pinnochio, il s’est donc attaqué à Cendrillon qui devient dans la pièce Sandra. Cette réécriture est surtout centré autour du thème du deuil et plus précisément de la culpabilité d’être encore en vie quand un de ses proches n’est plus là car la jeune fille doit remonter la pente après le décès de sa mère alors que son père est bien décidé à refaire sa vie. La morale de l’histoire est donc tout autre que celle du conte original. De plus, la pièce est très poétique et si on la lit sans jamais avoir vu la scénographie du spectacle, il est plaisant de s’imaginer le décor et les costumes avec les didascalies (la maison de la belle-mère est en verre, Sandra a en permanence une horloge autour de son cou pour ne pas oublier de penser à sa mère …).

La très jeune fille :
Je crois que des fois dans la vie, on se raconte des histoires dans sa tête, on sait très bien que ce sont des histoires, mais on se les raconte quand même.

C’est plus difficile de parler de pièces de théâtre à lire que je le pensais ! Je n’ai vu aucune mise en scène des oeuvres dont je vous parle et je crois qu’il est plus facile de parler de théâtre en tant que spectatrice qu’en tant que lectrice. Si le théâtre vous intéresse dites le moi dans les commentaires, je pourrai faire un article sur des spectacles qui m’ont marqué ou sur ma pratique personnelle du théâtre!

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Man Seeking Woman et la diversité des séries télé

Je tente aujourd’hui un nouveau type d’article. Au lieu de vous faire une critique simple d’une oeuvre, j’ai décidé de me servir d’une oeuvre dont j’ai envie de parler  pour aborder un sujet de société ou culturel plus vaste. Pour ce test, j’ai chois de vous parler de Man Seeking Woman et de l’importance des séries télé !

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Depuis que je me suis mise à m’intéresser sérieusement aux séries, j’ai souvent eu l’impression que ce médium était dénigré par beaucoup notamment par rapport au cinéma. Les séries étant diffusé à la télévision sont considérées comme un média de masse moins riche que le cinéma diffusé, lui, sur grand écran et considéré comme un art à part entière. Le mépris de certaines élites de notre société pour tout ce qui touche à la  culture populaire m’irrite profondément. Les séries télé aujourd’hui ne seraient-elles qu’un sous cinéma sans fond et destinées uniquement à divertir de manière superficielle sans valeur artistique ?

Ma réponse est bien sûr non. Au contraire, je trouve que l’industrie de la télévision prend beaucoup plus de risques que n’importe quelle autre industrie culturelle aujourd’hui. Pour faire un film, il faut de l’argent. Beaucoup d’argent. Pour que le film soit rentable, il faut pouvoir le diffuser dans le maximum de salles possibles et à cause de cette contrainte, les films qui parviennent jusqu’à nos écrans sont souvent peu originaux et toujours avec les mêmes têtes. Il y a bien sûr l’existence d’un cinéma indépendant parfois petit budget très variée mais celui-ci est malheureusement peu accessible étant donné ce problème de distribution justement. A la télé, j’ai l’impression que les producteurs osent beaucoup plus.

Venons-en à Man Seeking Woman. Man Seeking Woman est une série américaine diffusée sur FXX, chaine du groupe FX depuis 2015. Il y a actuellement 2 saisons d’épisodes de 20 minutes. Cette série que je vous conseille VIVEMENT raconte les aventures amoureuses de Josh Greenberg, un jeune adulte un peu paumé. Jusqu’ici rien d’original mais tout le génie de Man Seeking Woman réside dans l’écriture. Cette série est complètement absurde, il n’y a pas d’autres mots pour la décrire. Il peut tout arriver dans un épisode, il n’y absolument aucune limite et c’est tellement drôle. La série fait vraiment du bien parce qu’elle essaye vraiment de toujours innover dans son genre entre parodie et humour noir. Pour vous donner un exemple sans spoiler, rien que dans le premier épisode on a une apparition d’Hitler âgé qui est devenu le copain de l’ex de Josh. Pour accompagner son écriture dingue, un univers graphique très riche est mis en valeur. Les éléments fantastiques comme la pieuvre aux multiples pénis Tanaka sont vraiment réussis et concordent totalement avec tout l’ambiance de la série.

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Cette série était donc un pari risqué pour ses producteurs car son créateur tout comme son casting sont totalement inconnus du public et le postulat de départ est très audacieux. Pourtant FX, chaîne américaine du câble qui diffuse également American Horror Story, a choisi de miser sur elle et les audiences lui ont donné raison. Même celles-ci n’étaient pas fantastiques, la chaîne a tout de même commandé une saison 2 diffusée en ce moment. Les chaînes majoritairement américaines (j’aborderai surement un jour la question du quasi monopole des Etats-Unis sur le monde des séries) semblent en concurrence pour trouver le projet le plus fou car elles sont forcées de constater que le public aime cette diversité. Il n’y a qu’à voir le succès inattendu de Game of Thrones. Avant le début de la série, la fantasy était considérée comme un genre très particulier plaisant uniquement à un petit groupe d’initiés. Got a bien montré que tout le monde pouvait s’intéresser à la fantasy et que le public demande de la nouveauté. Les chaines ont donc intérêt à diffuser de nouveaux formats et de nouveaux concepts.

Les séries attirent de plus en plus de monde, public comme créateurs de contenu. Dans une série, ce n’est pas le réalisateur qui compte le plus comme au cinéma mais le scénariste appelé showrunner. Ce qui est primordiale pour ce médium est avant tout l’histoire. Le public a besoin d’histoires dans lesquelles se réfugier à intervalle régulier un peu moins d’une heure par semaine. Ce serait le plus prendre pour un idiot de lui resservir toujours la même histoire. La diversité des séries se retrouvent aussi bien dans les formats (d’un épisode de MTV de 20min à un épisode de Sherlock de 1h30) que dans les genres (de la série animée au documentaire), dans les sujets abordés que dans la manière de raconter les histoires (la narration à 2 points de vus de The Affair est possible uniquement parce que c’est une série). C’est le public qui juge une série et qui choisit les histoires qu’il veut voir continuer !

Les BDs du mois de janvier

Nous sommes aujourd’hui le 29 janvier et le festival d’Angoulême est en train de se dérouler. L’édition de cette année a particulièrement fait polémique à cause de l’absence d’auteurs femmes nominées pour le Grand Prix. De nombreux auteurs masculins faisant parti de la liste ont alors décidé de se retirer de la compétition comme Riad Sattouf. Pour rendre hommage à toutes ces femmes qui écrivent bel et bien de la BD, j’ai décidé de vous présenter 3 BDs écrites par des femmes (toutes françaises pour le coup) que j’ai lu au cours du mois de janvier.

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La nouvelle BD de Bagieu sortie l’année dernière change plutôt pas mal de ce qu’elle a pu faire précédemment tant au niveau de l’histoire que du dessin. California Dreamin’ nous emmène aux Etats-Unis dans les 60s à la rencontre de Cass Elliot, la mythique chanteuse du groupe The Mamas & the Papas. Cass est un personnage très attachant et très fort, une femme ronde avec un caractère bien trempé prête à tout pour devenir chanteuse. Bagieu a effectué un énorme travail de recherche car la BD est vraiment proche de la vraie  de la vie de la chanteuse que ce soit au niveau de l’histoire ou de la ressemblance entre les lieux et personnages de la BD avec la réalité. Toute la BD a été entièrement réalisé au crayon à papier ce qui donne un nouveau souffle au trait de Bagieu et des planches vraiment magnifiques. Je vous conseille cette BD si vous avez envie de vous replonger dans les 60s entre drogues et musique et rock ou si vous avez envie de découvrir une femme libre et indépendante qui refuse toutes contraintes de la société !

California Dreamin’ de Pénélope Bagieu

Editions Gallimard – 2015

24€

15/20

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Marjane Satrapi est connue pour sa série Persépolis qui a d’ailleurs reçu des prix à Angoulême. Aujourd’hui, elle semble plus s’être tourné vers la réalisation que les BDs mais il est toujours bon de se replonger dans son travail. Dans Broderies, Marjane Satrapi nous fait pénétrer à l’intérieur du salon de sa grand-mère lors d’un thé entre femmes en Iran. Des femmes de la famille et des amies de plusieurs génération sont présentes, chacune raconte tour à tour une anecdote intime de sa vie de femme lié aux hommes, à l’amour ou au sexe entre commérages et révélations. J’ai trouvé que cette BD était vraiment un très bel hommage aux femmes de sa jeunesse et à toutes les femmes iraniennes. On y découvre des femmes libérées sexuellement dans un pays où le droit des femmes est discutable. Des thèmes comme le mariage forcé ou la première fois sont abordés avec beaucoup de finesse. Ce livre est tout pleins de tendresse et nous donne l’impression, pour la durer de notre lecture, de faire parti de ce cercle de femmes.

Broderies de Marjane Satrapi 

Editions l’Association – 2003

18/20

Encore une auteure que je connais bien, Vanyda qui a écrit la série Valentine emblème des mes années collège. J’ai trouvé cette BD à ma bibliothèque et j’avais envie de voir ce que Vanyda était devenue. Un petit goût de noisette est en réalité un recueil de nouvelles parfois faisant uniquement quelques pages parfois plus longues. Chaque nouvelle se concentre sur le point de vue d’un personnage et de ses rapports avec d’autres souvent dans le cadre d’une idylle amoureuse. Certains personnages se retrouvent dans plusieurs nouvelles mais pas tous.  J’ai trouvé le concept très sympa mais cependant, j’ai eu du mal à accrocher à certains personnages alors que deux-trois ont réussi à vraiment me toucher. Le style de Vanyda est toujours très proche du manga mais cette fois elle a rajouté de la couleur, une couleur pour chaque nouvelle, ce qui nous offre des planches vraiment magnifiques. Je ne pense pas que cette BD me marquera longtemps car j’ai surtout préféré le dessin plutôt que l’histoire qui était parfois trop brève pour me marquer.

Un petit goût de noisette de Vanyda

Editions Dargaud – 2014

17.95€

12/20

2015

2015. Une année étrange et mouvementée. J’aime beaucoup les derniers jours de l’année où tout le monde fait son bilan et ses bonnes résolutions pour l’année suivante (dans les miennes : tenir ce blog beaucoup plus régulièrement). Cette année n’a pas été très bonne pour beaucoup  de personnes et surtout pour notre pays. J’ai envie de croire que en changeant d’année tout ira moins, qu’on pourra tout recommencer. Ce ne sera malheureusement surement pas le cas.

Avant de passer en 2016, j’avais envie de faire un petit bilan culturel de l’année en vous proposant 3 livres et 3 albums qui ont marqué mon année. J’ai choisi de vous raconter des souvenirs lié à ses objets culturels plutôt que de véritables chroniques. J’écris ce post pour garder une trace de 2015.

Livres

J’ai lu cette année selon Goodreads 66 livres et 16 514 pages et j’en suis plutôt fier. J’ai vraiment diversifier mes lectures par rapport aux autres années et je compte bien continuer en 2016 en lisant de nouveaux genre et de nouveaux auteurs.

Saga de Tonino Benacquita

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Ce livre c’est la femme chez qui je vivais quand j’étais au Canada qui me l’a conseillé. Elle me l’a cité, avec un livre de John Irving, comme étant son livre préféré. Quelques jours plus tard, je tombe sur les deux livres pour quelques dollars dans une église reconverti en bouquiniste à Québec. Juste une coïncidence mais j’y ai vu un signe : j’achète les deux livres.

Saga raconte l’histoire de 4 auteurs très différents en galère qui sont réunis par une chaîne de télévision pour écrire le scénario d’une série télé qui passera pendant quelques mois à 4h du matin. Ils ont carte blanche, le but étant juste de respecter les quotas de production française de la chaîne. Je vous laisse découvrir la suite de ce roman très surprenant et vraiment original.

L’identité de Milan Kundera

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Décidément, mes lectures de cette année ont été marqué par mes voyages. Lorsque que je pars quelque part, j’essaye toujours de lire des livres d’auteurs de ma destination avant de partir. Cet printemps, je suis allée à Prague et avant de partir j’ai découvert Kundera dans ce roman. Depuis j’en ai lu deux autres pour vous dire à quelle point j’aime cet auteur. J’adore la façon dont il mélange l’histoire de ses personnages de fictions et ses pensées philosophiques personnelles qui résonnent énormément en moi. Je lirai encore du Kundera en 2016.

Faut-il manger des animaux ? de Jonathan Safran Foer

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Ce livre est certainement le livre qui a le plus changé ma vie pour longtemps car c’est après sa lecture que je suis devenue végétarienne. En 2015, j’ai commencé à lire des essais genre qui jusqu’à cette année je pensais injustement élitiste et trop compliqué pour moi. Jonathan Safran Foer est à la base un (très bon) jeune auteur de fictions américain, je suis tombé par hasard sur cet essai sur l’industrie de la chair animale. Pour être franche, j’étais déjà au courant de nombreux problèmes de notre industrie agroalimentaire mais j’avais jusqu’à cet automne choisi inconsciemment comme la majorité de la planète de fermer les yeux dessus et de ne pas m’y intéresser pour ne pas bouleverser mes petites habitudes. Ce qui m’a plus dans ce livre, c’est le ton de l’auteur, pas du tout accusateur. Il aborde les conséquences d’un régime omnivore sous différent angles : environnement, santé, philosophie … J’ai surtout aimé les paragraphes où ils se questionnent sur l’importance de la viande dans nos relations sociales, dans nos traditions, comment ne pas avoir l’impression de trahir sa grand mère quand on ne peut plus manger sa recette de poulet familiale par exemple. Mais je reviendrai probablement sur ce sujet l’année prochaine sur le blog !

Musique

Maintenant 3 albums sortis cette année que j’ai énormément écouté! Ce sont tous les trois des albums d’artistes déjà assez connu qui ne m’ont pas déçu leur de leur retour en 2015. Ils sont les trois en anglais mais j’ai découvert pas mal d’artistes qui chantent en français ces derniers temps, peut être de quoi faire une playlist … Vous remarquerez que je suis vraiment nulle pour décrire des musiques.

Shook Shake Shaken de The Do

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3ième album du duo The Do, encore meilleur que les deux précédents pour ma part. J’ai eu la chance de les voir en concert pour la deuxième fois sur cette tournée. Ce concert était tout simplement un des meilleurs que j’ai jamais fait. Une énergie incroyable. Beaucoup d’amour. Merci, merci The Do !

Hungry Dirty Baby de Mademoiselle K

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Le retour de Mademoiselle K, en anglais mais toujours aussi rock ! Du bon rock parfois violent comme on en fait plus beaucoup surtout en France avec des paroles complètement barrés !

How Big, How Blue, How Beautiful de Florence + the Machine

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Le nouvel album de la reine de la musique Florence Welch. Toujours cette voix puissante incroyable sur des rythmes pop entraînants qui lui sont pourtant très personnels. Plusieurs textes de cet album m’ont particulièrement touché ainsi que les clips qui ont accompagnés certains titres.

 

Aristotle and Dante Discover The Secrets Of The Universe de Benjamin Alire Saenz

J’étais très enthousiaste à l’idée de lire ce livre vu toutes les bonnes critiques et la magnifique couverture et je dois dire que j’ai été très déçu. Benjamin Alire Saenz nous raconte l’histoire de deux garçons qui vivent dans une petite ville des Etats-Unis. Ari (diminutif d’Aristote), le narrateur du livre, est un adolescent solitaire qui n’a pas vraiment d’amis et qui rencontre un été à la piscine municipale, Dante, un autre adolescent qui propose de lui apprendre à nager. Ces quelques phrases sont tous ce que vous devez savoir pour lire le livre.

Ce roman qui fait donc parti de la vague des coming of age (je ne sais pas si il existe un terme en français pour désigner ces histoires où des adolescents/jeunes adultes apprennent à se construire et à grandir) story young adult qu’on voit un peu partout en ce moment et a, à mon plus gros désespoir, tous les plus grand défauts du genre. Ce que je rapproche en général à la littérature YA, John Green en tête de liste, est le manque de réalisme qui m’est insupportable ! Je ne veux pas vous spoiler donc je soulèverai plus bas tous les éléments de Aristotle and Dante qui m’ont paru complètement invraisemblable. En plus de l’intrigue, le style de l’auteur, bien que très poétique, est complètement inapproprié pour des adolescents de 15 ans. J’aurai pu passer outre que étant donner que la narration se fait par Ari, un garçon qui déclare ne peut être à l’aise avec les mots, il est improbable qu’il s’exprime avec ce vocabulaire et ces formes de phrase mais les dialogues sont encore pire ! Sérieusement qui à 15 ans sort des phrases comme « je veux découvrir tous les secrets de l’univers » ??? Je l’ai lu en anglais et n’étant pas de langue maternel anglaise, je sentais quand même que les phrases ne faisaient pas du tout naturel dans la bouche d’adolescents de 15 ans ! Le seul livre YA contemporain que j’ai lu pour l’instant et qui m’a paru avoir une narration appropriée pour un adolescent est The Perks of being the Wallflower (Le Monde de Charlie de Stephen Chonbsky) donc si vous en avez d’autres à me conseiller je suis preneuse !

Je trouve que le thème du coming of age est vraiment un sujet qui mérite d’être abordé car je suis persuadée que ce genre de livre peut aider des adolescents (ou pas d’ailleurs) à se construire et à s’identifier au personnage. Cependant, l’orientation que prenne la plupart des auteurs actuels notamment depuis le phénomène John Green me désole un peu. Le livre n’est pas mauvais, je l’ai lu en 2 jours, j’ai trouvé les personnages plutôt attendrissants mais j’en attendais beaucoup plus et au final, l’histoire n’a rien d’exceptionnel, elle n’apporte rien de nouveau dans le genre alors qu’elle en avait le potentiel. Il y a des éléments qui sont pour moi trop mal exploité, j’aurai aimé plus d’informations sur les personnages secondaires et sur des sujets qui sont abordés à la va-vite. Par exemple, les deux adolescents viennent de familles mexicaines et Dante déclare plusieurs fois ne pas être un « vrai Mexicain ». Je m’attendais donc qu’à un moment le thème de l’intégration, de la confrontation entre deux cultures arrive ce qui m’aurait beaucoup intéressé mais il n’est jamais arrivé.

Passons maintenant à la partie spoilers ! Si vous voulez lire le livre, je vous conseille de vous arrêter ici !

Tout d’abord, on découvre très vite que le véritable thème centrale du livre n’est pas une amitié mais une relation amoureuse entre les deux garçons. Je savais dès le début que le livre parlait d’homosexualité car j’avais lu des résumés qui le mentionnait ce qui est d’ailleurs dommage car je pense que ma lecture aurait été meilleur si je l’aurai découvert au fil du livre. Si la façon dont est raconté la découverte de son homosexualité par Dante est plutôt réussi et réaliste, pour Aristotle ont par dans du grand délire. Dante embrasse des filles dans des soirées, il se rend  compte que ça ne lui plait pas, il a envie d’essayer avec un garçon, ça se tient. Aristote,lui, c’est ses parents qui viennent lui dire dans les 20 dernières pages du livre que c’est bon tout le monde sait qu’il est amoureux de Dante et qu’il est gay et Aristote répond « okay c’est cool vous avez raison ». Vous sentez le niveau de what the fuck ??? Sérieusement depuis quand des parents vous 1) dire à leur enfant qui ils aiment, 2) dire à leur enfant que c’est bon tout le monde sait qu’il est gay sauf lui-même faut arrêter de déconner et surtout 3) pourquoi l’enfant se contente d’acquiescer sans rien dire ??? De toute façon les parents dans le livre sont assez exceptionnels des deux côtés. Les parents de Dante vivent dans un monde de bisounours complet, j’ai trouvé sa mère qui s’amuse à psychanalyser Aristote insupportable.  Des parents aussi parfaits et à l’écoute de leurs enfants je ne pense pas que cela existe. Surtout que là, les parents de Dante ET les parents de Aristote baignent un peu dans ce même délire de « j’aime mon enfant quoiqu’il arrive je suis le cliché du parent parfait! ».

J’aurai encore beaucoup de points à soulever comme notamment la facilité avec laquelle l’auteur évite pleins de problèmes (des gens se vont agresser sans problèmes après avec la police, Dante a peur que ses parents ne puissent pas avoir de petit-enfants vu qu’il est homosexuel (l’adoption existe mais bon) BAM sa mère tombe enceinte …) mais j’aimerai en souligner un avant de conclure ma chronique : le sexe. Je ne comprends pas comment on peut éviter à ce point la question de la sexualité à ce point dans un livre qui parle des premiers relations amoureuses à l’adolescence. Le livre parle une fois de masturbation mais un des personnages (Aristote) ne semble pas trop être au courant de ce que c’est et trouver ça malsain (il doit avoir 16 ans à ce moment vive le réalisme !). Je ne dis pas que je veux des scènes érotiques toutes les deux pages mais je pense que les auteurs pourraient s’aventurer au-delà du traditionnel premier baiser surtout quand leurs personnages dépassent 16-17 ans ! Fin des spoilers

Vous aurez compris que même si je n’ai pas trouvé ce livre affreux et que je comprends qu’il puisse plaire, je lui rapproche énormément son manque de réalisme ! S’il vous plait faites nous des personnages adolescents qui ressemblent et s’expriment vraiment comme des adolescents !!

Aristotle and Dante Discover The Secret of The Universe (Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers) de Benjamin Alire Saenz

Simon & Schuster Book pour la VO (2012)

A paraitre en juin 2015 chez Pocket Jeunesse pour la VF

Notre Livraddict : 10/20

Les Crocodiles, témoignages mis en dessin par Thomas Mathieu

A l’origine de cet BD, le Tumblr  de Thomas Mathieu, auteur de bande dessiné. Le jeune homme a en effet après le visionnage du documentaire « Femmes de la rue » par Sofie Peeters sur le harcèlement de rue dans sa ville, à Bruxelles, décidait d’interroger les femmes de son entourage à propos de ce phénomène. Il a alors découvert que de quasiment chaque femme qu’il interrogeait avait une histoire à raconter à propos du harcèlement de rue et du sexisme ordinaire. Il crée alors son Tumblr pour mettre en dessin les témoignages de ses proches puis d’inconnues, victimes ou témoins en représentant les hommes sur ses planches en crocodile. A l’automne dernier, les éditions Le Lombard publie certaines de ses planches ainsi que des conseils destinés aux femmes qui subissent ses injures.

Tout d’abord, j’aimerai dire merci. Merci à Thomas Mathieu de s’être intéressé au harcèlement de rue, merci d’avoir recueilli tous ces témoignages et de les avoir rendu visible. Le problème quand une femme fait part d’une expérience désagréable de harcèlement les gens, particulièrement les hommes qui n’ont jamais connu ce genre de situation, ont tendance à décrédibiliser le récit de la personne en lui disant qu’elle exagère, qu’il n’y a rien de mal dans ce qu’elle raconte … Le faite que cet BD par un homme permettra peut être de faire ouvrir les yeux sur ce problème à plus de gens que si elle avait été écrit par une femme qui aurait surement été considéré comme « une autre femme qui s’énerve pour rien » (ce qui est très malheureux mais étant donné cette situation, il est bien que des hommes comme Thomas Mathieu aborde ce sujet).

Sur le contenu de la BD en elle-même, il y a trois parties : les témoignages, les conseils et des textes de 4 personnes différentes en complément. J’ai trouvé ces textes vraiment très utile notamment celui qui explique pourquoi les hommes sont représentés en crocodile. J’avoue avoir été assez sceptique au début du projet comme beaucoup car représenter tous les hommes sous la même forme, celui  d’un prédateur, ne me plaisait pas. Cependant lorsqu’on connait les volontés de l’auteur qui sont expliqués à la fin du livre, j’ai trouvé ça plutôt judicieux. Donc si cet élément vous freine, je vous conseille vraiment d’avoir la curiosité d’ouvrir le livre, vous pourriez être surpris !

Sinon le style graphique est vraiment intéressant, je trouve que les couleurs (le noir et blanc et un vert pomme très flash) rendent vraiment bien. Sur le choix des témoignages en eux même, je les ai trouvé varié et ils montrent bien que pleins de choses peuvent être considéré comme du harcèlement de rue. Certains sont drôle, d’autres plus tragique, on y trouve parfois un peu d’espoir lorsqu’un inconnu intervient pour sauver la personne en détresse. Cependant, certaines planches ne parlent pas de harcèlement (il y a une planche sur le viol conjugal par exemple, une autre de harcèlement d’une femme par son ex …). Ses sujets sont aussi intéressants et méritent d’être traité mais je trouve qu’ils n’avaient pas vraiment leur place dans la BD et peuvent porter à confusion pour les personnes qui cherchent à comprendre ce qu’est le harcèlement de rue grâce à cet ouvrage car ce n’en sont pas des exemples.

Je vous conseille donc vraiment cet BD surtout si le sujet ne vous est pas familier. Je pense que c’est un très bon cadeau à offrir à vos proches et pour sensibiliser les hommes de votre entourage qui restent aveugle à ce problème. J’ai personnellement trouvé ce livre à ma médiathèque et je trouve que c’est un indispensable à avoir dans les bibliothèques municipales et les CDI de lycées !

 Les crocodiles mis en dessin de Thomas Mathieu

Le Lombard

2014

Just Kids de Patti Smith

« Il a déclaré plus tard que l’Eglise l’avait mené à Dieu et que le LSD l’avait mené à l’univers. Il a dit également que l’art l’avait mené au diable et que le sexe l’avait maintenu auprès de lui. »

Just Kids est l’hommage de la chanteuse et poète Patti Smith à son ami et ancien amant le photographe Robert Mapplethorpe décédé en 1989. Ce livre autobiographique qui se déroule principalement entre 1967 et 1969 raconte donc l’histoire de ces deux personnalités et l’ambiance sulfureuse du milieu artistique de cette époque.

Cette histoire m’a complètement bouleversé. J’étais déjà une grande fan de Patti Smith pour sa musique et son style d’écriture ainsi que sa personnalité m’ont complètement séduit. J’ai appris énormément de choses sur cette femme et j’ai adoré découvrir ses réflexions personnelles sur certains sujets. Quant à Robert Mapplethorpe, que je ne connaissais pas, je me suis très vite attaché à lui. J’ai  adoré la relation qu’ils entretenaient ou en tous cas la manière dont Patti l’a décrit, c’est une relation complètement fusionnel qui va à mon sens bien au delà d’une simple histoire amoureuse. Patti et Robert se cherchent et se retrouvent, s’éloignent et se rapprochent, leur art restant toujours au centre de leur idylle.

En plus de découvrir leur personnage, j’ai pris énormément de plaisir à découvrir leur art. On découvre petit à petit comme Patti est venue à la musique et Robert à la photographie. Avant cela, ils sont en effet passés par pleins d’autres techniques comme la poésie, le dessin, les installations, le théâtre … Comprendre leur démarche et découvrir les idéaux qu’ils ont voulu défendre dans leur travail m’a captivé et souvent inspiré dans mon travail personnel. Ces deux parcours démontrent comment en partant de rien on peut atteindre une reconnaissance internationale.

Patti et Robert ne sont cependant pas les seuls protagonistes, ils vont rencontrer énormément d’autres personnes de la scène new-yorkaise de l’époque, Andy Warhol, Jimi Hendrix, Allen Ginsberg et Janis Joplin pour ne citer qu’eux. L’univers très particulier dans lequel les deux artistes évoluent n’existe plus aujourd’hui et ce livre est à mon sens un hommage également à New York à la fin des années 60 et à ces lieux mythiques comme le Chelsea Hotel et la Factory. Tous les artistes qui ont fait parti de cette vague se sont énormément inspirés entre eux et malgré la pauvreté de beaucoup, une vraie entraide existait.

Patti Smith aborde à travers ses mémoires des sujets comme la drogue, l’homosexualité, l’avortement et la pauvreté avec une sincérité touchante et une véracité troublante. Pendant toute ma lecture, j’entendais sa voix rauque et cassée qui me murmurait ses paroles. Je crois que ce qui m’a permis d’être totalement emporté est le fait que le récit est très humble sans aucune prétention semblable à une confession. Patti Smith et Robert Mapplethorpe étaient, sont encore, d’immenses artistes, elle a composé des tubes mondiaux (Because the night …) et il a révolutionné l’art de la photographie, ils ont rencontré les plus grands de leur époque et sont allés dans les endroits les plus en vogues pourtant comme le souligne le titre, ils étaient juste des enfants et c’est ça qui m’a touché. Pouvoir pendant quelques instants pénétrer dans cet univers fou et innovateur que je ne connaîtrai jamais et se sentir proche à tel point de ses légendes que l’on ressent leurs sentiments et leurs rêves est un cadeau très précieux.

Just Kids est un livre à découvrir pour tout les amoureux de l’art et du rock, de New York et des sixties. Les mots de Patti Smith et le souvenir de Robert Mapplethorpe continueront à me hanter pour un moment. Encore plus que la nostalgie de cette période révolue et les espoirs d’une jeunesse qui veut changer le monde c’est l’amour qui unissait les deux artistes et qui les unit à jamais qui ressort de ce livre. A lire absolument !

Couverture Just Kids

Just Kids de Patti Smith

Folio

2010