Pépites du web

Avant même  de proposer du contenu sur Internet, je suis surtout une grande consommatrice de blogs et de vidéos. J’ai donc décidé de créer un rdv mensuel sur ce blog pour partager vous quelques liens que j’ai particulièrement aimé de mois-ci.

Commençons avec les blogs !

Tout d’abord, cet article de Poulet Rotique sur le lien entre égalité des genres et économie.

Puis ensuite, deux très beaux articles qui inventent à réfléchir sur sa propre vie : celui de Camille pour ses 29 ans  et celui de Mai sur ses vacances dans une communauté auto-suffisante au Pays de Galles.

Du côté de Youtube

Cette très belle vidéo de Solande sur son ami Alma qui a aussi une chaîne Youtube que je vous recommande ! Je crois que mes vidéos préférées de Solange sont celles où elle fait des portraits de ses proches.

Guilhem est probablement le youtuber qui me fait le plus rire alors quand il mélange son humour avec des sujets d’actualité ou de société, je suis sous le charme. Sa vidéo est juste tellement intelligente et pourra informer beaucoup de personnes.

Et pour finir, si vous comprenez l’anglais, je vous laisse avec cette vidéo toute en poésie qui m’a fait tellement de bien détestant comme sa créatrice les small talk.

Voilà c’est tout pour ce mois-ci ! Et vous ? Quels sont vos pépites du web ?

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Petit guide pour débutant en fripe

Aujourd’hui, on va parler friperie ! J’ai acheté pour la première fois un vêtement de seconde main à Berlin, il y a plus de 4 ans. C’était il n’y a pas si longtemps mais à l’époque, il y a vraiment très peu de friperies en France en dehors de Paris (je parle de vrais boutiques de seconde main et pas de magasins caritatifs type Emmaüs et Secours Populaire). Depuis, j’ai l’impression que de nombreux magasins de ce genre se sont ouverts un peu partout. Cependant, peut-être que tu es réticent à entrer dans une friperie, j’espère te convaincre avec cet article d’y aller faire un tour !

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Pull, Berlin, 2013

Pourquoi c’est bien ?

 Fini d’avoir le même pull que la meuf que tu viens de croiser dans la rue

Quelqu’un qui aime la mode et qui cherche des pièces fortes pour enrichir son style a intérêt à aller faire un tour en friperie. En effet, aucune chance que deux personnes achètent le même article car tout est unique. Comprends là, bien sûr, que le vêtement que tu achètes n’est pas le seul sur Terre mais qu’il y en a qu’un seul dans la boutique où tu l’as trouvé et qu’il date déjà de 10 ans, 20 ans ou plus donc qu’il est extrêmement peu probable de croiser quelqu’un dans ta ville qui a le même.

Certaines matières vieillissent bien, très bien

J’ai remarqué que beaucoup de personnes pense qu’acheter des vêtements déjà portés n’est pas « hygiénique ». Bon, si on parle de lingerie je peux comprendre mais sinon, moi, je trouve ça plutôt cool de porter un vêtement qui a déjà une histoire. Il y a certes quelques fois un ou deux boutons à recoudre sur un vêtement mais en général le fait que la pièce soit déjà usée lui rajoute du charme. Je pense notamment au cuir qui vieillit très bien. Certains vestes ou sacs sont, j’en suis sûre, beaucoup plus beaux maintenant que lorsqu’ils étaient neufs.

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Veste en cuir, 1€,  Annemasse, 2015

 

Une manière de t’opposer à la consommation de masse

Acheter un vêtement en friperie c’est aussi ne pas acheter un vêtement dans les grands maisons de l’industrie textile standard. Je ne t’apprends rien en vous disant que notre société actuelle nous pousse à toujours plus produire et consommer au détriment de la qualité des produits et de la préservation de notre planète. Alors pourquoi ne pas réutiliser ce que nous avons déjà produits et qui est toujours utilisable au lieu de vouloir du neuf à tout prix ? Reparlons du cuir, par exemple, je ne veux plus en acheter car cela serait trop opposé à mes valeurs et mon mode d’alimentation actuel. Mais j’aime énormément cette matière et je sais que c’est un gage de qualité alors je n’achète plus que du cuir de seconde main (je sais qu’il existe d’un cuir synthétique/vegan mais c’est dur à trouver en dehors d’Internet). Si un animal a dû mourir pour une veste ou des chaussures, autant utilisez celles-ci jusqu’au bout car l’animal ne reviendra malheureusement pas.

J’aurai encore de nombreuses choses à dire sur le lien entre vêtements de seconde main et éthique/développement durable/refus des modes de consommation tradi et je t’invite sincèrement à y  réfléchir. Personnellement, si aujourd’hui je m’habille presque exclusivement en friperie, c’est parce que les magasins classiques (sous-entendus les magasins proposant les mêmes prix que les friperies) et les centres commerciaux me mettent très mal à l’aise avec tous leurs appels à la consommation et leur ambiance impersonnelle. Il est aussi important de préciser que les friperies sont souvent des endroits agréables, bien décorées et tenues par des gens passionnés ouverts au partage.

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Jean Levi’s, 35€ chacun, Marseille, 2015/2016

Okay, je vais y aller mais je ne sais pas trop comment faire

Etape 1 : Trouver une friperie

Plus tu habites dans une grande ville, plus tu as de chance d’en trouver. Si tu habites dans un bled paumé pense à en chercher quand tu pars en voyage que ce soit en France ou à l’étranger (c’est ce que j’ai fait jusqu’à que je déménage à Paris et j’en ai trouvé dans pleins de villes européennes ou non). Sinon, il y a aussi des friperies qui ont un shop en ligne ou même des e-shop comme Asos qui se sont lancés dans le seconde main avec Asos Market Place mais je ne conseille pas forcément d’acheter sans essayer n’importe quelle pièce. En ville, les friperies sont souvent rassemblées dans les mêmes quartiers (La Plaine à Marseille ou Le Marais à Paris), quartiers souvent assez jeunes/bobo/arty.

Il est important de savoir qu’il existe plusieurs types de friperies avec différentes gammes de prix. Il y a des friperies très peu chères avec parfois même des rayons tout à 1€ où les habits ne sont pas très bien rangés et où il faut vraiment fouillé et des friperies plus haute gamme où les produits proposés sont sélectionnés avec soin (jean Levi’s, veste de marque…) mais où les prix peuvent parfois grimpés. Pour vous donner un repère, une veste Levi’s en jean coûte dans une boutique correcte entre 35 et 50€ selon le modèle et l’état du vêtement. Ensuite, il y a aussi tout ce qui est marché au puce et vide-grenier, ce ne sont pas des friperies mais ça reste du seconde main.

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Chemise liberty bleu, Montréal, 2015  / Chemise de bûcheron, Tokyo, 2014 / Sweat mexicain, Biarritz, 2015

Etape 2 : Garder l’œil ouvert

Si tu veux pleinement apprécier ton expérience en friperie, il vaut mieux partir sans aucune idée en tête et te laisser tenter une fois sur place. Si tu désires quelque chose de trop précis, tu risques de ne rien trouver et de ressortir amer de ta journée shopping. Une fois que tu seras devenu un habitué des fripes, tu pourras rechercher un certain type de pièces mais au début, il vaut mieux rester flou dans ses envies et se laisser surprendre pour ne pas être déçu. Surtout n’ayez pas peur de fouiller et d’essayer tout ce qui accroche ton regard même si c’est des formes ou des couleurs que tu n’as pas l’habitude de porter car elles ne se trouvent plus trop en magasin actuellement. Enfin, demande conseil ! Comme je le disais plus haut souvent les gérants ou employés de friperie sont de réels passionnés de mode et peuvent t’aider. Je n’aurai jamais trouver des jeans qui me vont parfaitement après deux trois essayages sans l’aide de vendeurs.

 Etape 3 : Choisir quoi ramener chez soi

Dans le friperies peu chères, on est parfois vite tenté d’acheter pleins de pièces parce que bon ça coûte juste 1€ de plus et on se retrouve à rentrer à la maison les mains pleines. Après, il faut encore pouvoir ranger et surtout porter régulièrement tous ces nouveaux achats. En friperie, encore plus que dans un magasin classique, il est important de se demander avant d’acheter si l’on va vraiment mettre ce que l’on va acheter. En effet, on trouve souvent des pièces fortes avec des imprimés, des couleurs ou des matières qui sortent de l’ordinaire ce qui est plutôt cool mais il faut être sûr de pouvoir assumer et d’avoir déjà avec quoi porter ces pièces.

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Chemise, 1€, Paris, 2016 / Veste en fausse fourrure, 15€, Paris, 2016

Je te recommande aussi de toujours bien faire attention à l’état de la pièce avant de l’acheter (regarde bien toutes les coutures, vérifie les fermetures éclairs et les boutons…). Les défauts sont souvent minimes et tu pourras les réparer toi-même mais ça te permettra de négocier le prix. Fais aussi attention au moyen de lavage des vêtements ! Certains produits ne se lavent qu’à la main et il faut peut être les éviter si tu sais, comme moi, que tu auras toujours la flemme de t’en occuper !

 

 

 

 

 

 

 

3 pièces de théâtre contemporain

Aujourd’hui, je reviens pour parler théâtre. J’aime le théâtre sous toutes ses formes, en tant que comédienne, en tant que spectatrice et en tant que lectrice. Avec la sortie de Harry Potter and the Cursed Child, je me suis rendue compte que beaucoup de gens n’avaient pas l’habitude de lire du théâtre. Même si le théâtre est fait pour être vu et entendu, on peut découvrir de véritables pépites en lisant certaines pièces. J’ai choisi de vous conseiller trois pièces de théâtres contemporains, bien loin des pièces de théâtre que vous avez dû être forcé de lire au lycée. Si vous avez du mal à rentrer dans l’histoire lorsque vous lisez une pièce, je vous conseille d’essayer de lire à haute voix, seul ou à plusieurs si il y a plusieurs personnages. Je vous recommence également d’emprunter à votre bibliothèque plutôt que d’acheter les ouvrages car en général ils coûtent plutôt cher.

Chroniques des jours entiers, des nuits entières de Xavier Durringer – 1996

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sexe, drogue et rock’n’roll (enfaite non)

Cette pièce, c’est un dialogue entre plusieurs personnages : jeunes, français, de classe moyenne voir de milieux modestes. Ils n’ont pas réussi leur vie mais ils ne sont pas malheureux pour autant, il y a un couple qui se disputent sans arrêt, un célibataire désespéré, deux « voyous » voleurs de piano … Le talent de Durringer, dramaturge, metteur en scène et réalisateur, réside dans son écriture. Le style est vif, les répliques fusent et les longs monologues sont rythmés. Les personnages, reflet d’une certaine jeunesse française qui s’ennuient et qui ne trouvent pas sa place, ne brillent pas par leur intelligence ou leurs bonnes actions mais on ressent la profonde tendresse qu’éprouve pour eux leur créateur.

Si on enlève toutes les heures inutiles, toutes les heures qu’on a passé à se laver, à manger, à boire, à aller faire les courses, à préparer à manger, à mettre la table, à regarder la télé, à travailler, à partir travailler, à revenir, à être sur les routes, entre deux endroits, deux trains, deux appartements, à dormir.
Qu’est-ce qui me reste ?

4.48 Pychose de Sarah Kane – 2000

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le contenu du livre est 1000 fois plus créatif que sa couverture

Sarah Kane est une dramaturge britannique qui s’est suicidée à l’âge de 28 ans en 1999. Cette pièce, sa dernière, est un long monologue d’une femme hospitalisée à cause d’une sévère dépression, maladie dont Sarah Kane souffrait. Ce texte, entre la fiction et l’autobiographie sous forme de théâtre, a été un véritable coup de poing pour moi. Sa lecture est très éprouvante physiquement, j’ai vraiment ressenti la douleur et la détresse du personnage. Ce monologue s’approche de la poésie en vers libres car l’écriture de Kane est très majestueuse bien que violente et crue et  la mise en page n’est pas la même qu’une pièce de théâtre classique, l’auteur joue avec la ponctuation et les espaces. Lors de la première représentation de la pièce en France, c’est Isabelle Hubert qui a interprété le texte, j’aurai tellement aimé voir cette mise en scène !

Si on enlève toutes les heures inutiles, toutes les heures qu’on a passé à se laver, à manger, à boire, à aller faire les courses, à préparer à manger, à mettre la table, à regarder la télé, à travailler, à partir travailler, à revenir, à être sur les routes, entre deux endroits, deux trains, deux appartements, à dormir.
Qu’est-ce qui me reste ?Parfois je me retourne et retrouve votre odeur et je ne peux pas continuer je ne peux pas continuer putain sans exprimer ce terrifiant ah putain cet effrayant ce blessant putain de besoin physique que j’ai de vous. Et je ne peux pas croire que je peux ressentir ça pour vous et que vous, vous ne ressentiez rien. Vous ne ressentez rien ?
Silence.
Vous ne ressentez rien ?
Silence.

Cendrillon de Joël Pommerat, 2011

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comme quoi c’est possible de faire des belles couvertures de pièces de théâtre

Pour finir sur une note plus légère, parlons réécriture de conte. Joël Pommerat est un des dramaturges et metteurs en scène français les plus connus de sa génération. Pour être honnête, je ne connais pas l’ensemble de son travail mais depuis quelques années il s’amuse à monter des spectacles transposant des contes classiques dans une époque plus contemporaine. Après Le Petit Chaperon Rouge et Pinnochio, il s’est donc attaqué à Cendrillon qui devient dans la pièce Sandra. Cette réécriture est surtout centré autour du thème du deuil et plus précisément de la culpabilité d’être encore en vie quand un de ses proches n’est plus là car la jeune fille doit remonter la pente après le décès de sa mère alors que son père est bien décidé à refaire sa vie. La morale de l’histoire est donc tout autre que celle du conte original. De plus, la pièce est très poétique et si on la lit sans jamais avoir vu la scénographie du spectacle, il est plaisant de s’imaginer le décor et les costumes avec les didascalies (la maison de la belle-mère est en verre, Sandra a en permanence une horloge autour de son cou pour ne pas oublier de penser à sa mère …).

La très jeune fille :
Je crois que des fois dans la vie, on se raconte des histoires dans sa tête, on sait très bien que ce sont des histoires, mais on se les raconte quand même.

C’est plus difficile de parler de pièces de théâtre à lire que je le pensais ! Je n’ai vu aucune mise en scène des oeuvres dont je vous parle et je crois qu’il est plus facile de parler de théâtre en tant que spectatrice qu’en tant que lectrice. Si le théâtre vous intéresse dites le moi dans les commentaires, je pourrai faire un article sur des spectacles qui m’ont marqué ou sur ma pratique personnelle du théâtre!

1 mois en tant qu’aide à domicile

Je viens de finir un mois de travail pour une association d’aide à domicile de ma région. Je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de commencer ce job mais je devais absolument travailler cet été et n’ayant pas 18 ans, je n’avais pas beaucoup de choix.

Concrètement, j’ai fait quoi ?

Pendant, un mois je me suis rendue au domicile de personnes vivant dans mon village ou aux alentours. Je suis intervenue principalement auprès de personnes âgées surtout des femmes vivant seuls mais aussi des hommes et des couples.Toutes ces personnes avaient des difficultés dans leur vie quotidienne dû à des problèmes physiques mais aussi parfois mentaux (maladie d’Alzheimer …). Je sais que l’association intervient aussi auprès d’autres publics comme des personnes handicapés. Pour ma part, j’ai travaillé avec une dame relativement jeune qui avait un trouble du comportement important. Chez toutes ces personnes, j’ai dû faire de l’aide à la toilette, de l’aide au repas et aux courses et du ménage. Mais la partie la plus importante de mon job était sociale. En effet, pour beaucoup de personnes isolées socialement, notre passage est surtout un moyen pour eux de garder un lien avec la société. Malgré ma réticente du début, j’ai très vite compris à quel point ce job allait devenir enrichissant pour moi.

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The Golden Years / Dean Bradshaw

Les jeunes avec les jeunes et les vieux loin derrière

 Certains de mes proches ont une réaction vraiment négative quand je leur ai annoncé que j’avais eu ce job. J’ai entendu plusieurs fois « tu es jeune, tu devrais rester avec des jeunes ». Aujourd’hui, je suis persuadée que cette réaction est entièrement dû à la manière dont sont considérés les personnages âgées dans notre société.

On pourrait penser que les personnes âgées n’ont plus rien à apporter aux autres.

On a tendance à penser que les personnes âgées doivent restées dans leur coin et qu’elles n’ont plus rien à apporter aux autres, les métiers de la vieillesse (infirmiers en maison de retraite, aide à domicile …) sont d’ailleurs très dévalorisés. Après avoir passé un mois auprès de personnes allant de 70 à 96 ans , j’ai envie de dire que c’est faux. Ces personnes peuvent jouer un rôle dans nos sociétés si elles sont bien intégrées, elles ont même énormément à transmettre.

Pendant ce mois, j’ai eu une multitude de conversations toutes plus intéressantes les unes que les autres. J’ai été au contact de 22 personnes différentes, j’en ai vu  certaines qu’une seule fois et d’autres plus de 10 fois. Parfois, elles m’ont partagé seulement quelques conseils pour l’entretien de la maison mais il m’est arrivé de recevoir de véritables leçons de vie. J’ai été très étonnée par leur ouverture d’esprit et leur bienveillance envers la jeunesse.

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 The Golden Year / Dean Bradshaw 

C’est vraiment arrivé en dehors des livres

La grande majorité des personnes que j’ai rencontré habite dans la même région voir dans le même village depuis leur enfance ou leur mariage (une dame m’a même confié être née juste en face de la maison où elle vit actuellement !). J’ai pu ainsi en apprendre énormément sur les traditions et l’histoire de cette commune où j’ai moi même grandi. Les personnes de plus de 90 ans avaient une vingtaine d’années pendant la Seconde Guerre Mondiale et beaucoup se sont confiées sur ce sujet surtout en cette période sombre car les récents attentats leur ont fait remonter d’autres souvenirs de terreur sur notre territoire. Je suis une passionnée d’histoire, mais  plus de l’histoire intimiste des peuples que de l’histoire pompeuse des grands événements.

Avant ce mois, la Seconde Guerre Mondiale pour moi était un ensemble de cours appris à l’école et quelques témoignages lus au fil des années. Maintenant, j’ai des visages en tête de personnes qui ont souffert directement de ce conflit, des personnes de la vie de tous les jours issus de la même catégorie sociale que moi  et du même village. La guerre est ainsi dans mon imaginaire bien plus qu’un événement lointain et abstrait mais une tragédie qui a affecté profondément l’ensemble des familles françaises.

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 The Golden Years / Dean Bradshaw 

Personne veut prendre sa place

Nous allons tous vieillir, nous allons tous un jour être à notre tour personne âgée et ça fait peur, tellement peur que nous préférons cacher nos aînés dans une maison de retraite ou un appartement délabré pour pas qu’ils viennent nous rappeler qu’un jour on sera à leur place. Voir toutes ces personnes a apaisé ma peur de vieillir car j’ai compris que vieillir ce n’étais pas forcément se décomposer petit à petit jusqu’à ne pouvoir plus rien faire et devenir un poids pour sa famille. J’ai rencontré 22 personnes et 22 façons de vivre la vieillesse. Qu’est ce qui est le plus dur : ne plus avoir d’intimité car on n’a plus la force de se doucher seul ou sentir sa mémoire qui perd un peu plus chaque jour ?

Le cliché du vieux, seul et triste qui attend sa mort n’est pas une fatalité.

Ça dépend. Ça dépend de la manière dont vous avez vécu et de la manière dont vous gérez votre vieillesse. Les personnes les plus tristes que j’ai vu, car oui je n’ai pas vu que des gens heureux, n’étaient pas forcément celles qui étaient dans le plus mauvais état physique ou mentale. Je pense que c’était surtout des gens qui se sentaient seuls (à juste titre ou non) et qui s’ennuyaient profondément. Cette expérience m’a aidé à envisager ma propose vieillesse. J’ai vu des gens à qui je sais que je ne veux pas ressembler et au contraire, des gens qui m’ont inspiré. Le cliché du vieux, seul et triste qui attend sa mort n’est pas une fatalité. J’ai rencontré des personnes encore actives malgré leurs faibles capacités, à l’écoute de leur famille et de leurs voisins et soucieuse de l’état de la société. Qu’est ce que j’aimerai devenir comme cette dame encore incroyablement dans le coup malgré ses 94 ans qui m’a demandé si elle pouvait joué à Pokémon Go sur mon portable !

Alors voilà, j’aime les personnes âgées, non pas parce que j’ai pitié d’elles mais parce qu’elles m’ont tant apporté. Je garde de cette expérience énormément de tendresse mais aussi un goût amer quand je pense à la place des personnes âgées dans notre sociétés et au peu de reconnaissance de mes collègues pour le dur travail qu’elles effectuent. Je pense que cette problématique est très française ou en tout cas occidentale car il suffit de se tourner vers d’autres modèles culturels comme en Asie par exemple où les personnes âgées ont une place bien différente dans la vie sociale.

Alerte

Ce week-end j’étais à Lyon avec deux amies. Ce week-end a 5 reprises, des hommes, seul ou en groupe nous ont interpellé dans la rue sans raison. Un d’entre eux nous a suivi sur plusieurs rues, un autre a touché volontairement la cuisse de mon amie dans les transports en commun.

Un parole déplacée, un soir, une fois dans la rue, on finit par oublier. Mais quand on est une femme les paroles et les gestes offensifs s’accumulent soir après soir, années après années. Nous savons toutes ce que c’est que d’être klaxonné, interpellé, parfois suivi ou encore tripoté par des hommes inconnus. Nous savons toutes ce que c’est que d’avoir peur de rentrer seul chez soi le soir parce que peut être qu’on n’aurait pas dû mettre cette jupe, peut être qu’on aurait dû un peu moins boire.

Comme beaucoup de femmes, je ne support plus de vivre dans cette angoisse permanente. Je rêve d’une ville qui appartiennent autant aux  femmes qu’aux hommes. Je rêve que le harcèlement de rue s’arrête enfin. L’alerte est lancée, je rêve qu’elle soit entendue.

Playlist artistes francophones

On entend souvent dire que tous les « bons » chanteurs ou groupes actuels français chantent en anglais. Il est vrai que j’écoute une grande majorité de musique anglophone parfois composé et interprété par des artistes de pays francophones (The Do, Air, Camp Claude, Lilly Wood&the Prick …) mais depuis quelques temps j’ai découvert des artistes, plus ou moins connus, qui ont choisi de s’exprimer en français. En voici une petite sélection.

Bagarre

J’ai trouvé très peu d’infos sur ce groupe d’électro français actif depuis 2014 et composé de 4 hommes et une femme. Ils ont sorti à ce jour seulement 2EPs: Bonjour, nous sommes Bagarre et Musique de Club.

Dans ta tête y a des bruits
Tu te sens animale
Tu restes dans ton lit
Quand tu dis « je » t’as mal

Philémon Cimon

Un peu plus de douceur, avec le chanteur québécois Philémon Cimon. J’adore la voix de cet artiste qui a un timbre particulier. Ses paroles sont magnifiques et je trouve que ses albums racontent réellement une histoire de chansons en chansons. Pour son dernier album sorti en 2015, l’artiste a demandé à des photographes d’illustrés des chansons de son album, je trouve le projet que vous pouvez découvrir sur son site très intéressant. J’ai découvert la chanson qui suit juste après les attentats à Paris de novembre dernier et elle m’avait fait énormément de bien.

Moi j’ai confiance qu’on peut aimer
malgré l’orage malgré
La fin du monde qui s’en vient
noyer les cœurs malades

 

 

Feu!Chatterton

Ce groupe est peut-être un peu plus connu que les précédents car son premier album Ici le jour (a tout enseveli) a été salué par certains médias comme les Inrocks. La musique est plutôt rock mais les paroles et la façon de prononcer les mots du chanteurs me font plus penser à des grandes figures de la chansons françaises comme Gainsbourg ou Bashung. Je vous laisse juger par vous même de la qualité du texte avec cette chanson écrite en hommage à une femme amérindienne, figure populaire mexicaine pour avoir été l’amante du conquistador Cortes.

Combien de lâches sont venus ici
Courir chimères à coup de fusils ?
Ivres de gloire ont-ils pensé que ton coeur
Serait conquis percé de flèches et de rancoeur
Comme tes côtes mexicaines !

 

 

Izia

Là je triche un peu car seulement le dernier album d’Izia a été écrit en français. Mais quel album ! Si en anglais, sa musique était beaucoup plus rock; en français elle est plus pop et electro (qui ne soit pas forcément dans la chanson que j’ai choisi, je vous l’accorde). Ses nouvelles sonorités vont plutôt bien à la chanteuse qui s’en sort finalement peut être mieux en français qu’en anglais niveau texte.

Tomber un peu plus bas
Tomber et rester sans voix
Je veux sombrer dans tes bras, dans tes bras

Mansfiled TYA

On termine cette petite sélection avec un énorme coup de cœur. Ce duo nantais composé de Julia Lanoë, aussi membre de Sexy Sushi  et Carla Pallone, violoniste. Leur musique mélange souvent textes poétiques, instruments à corde et rock voir électro pour le dernier album. Au fil des albums, le duo a énormément évolué au fil du temps car elles sont actives depuis plus de 10 ans mais on retrouve toujours la même ambiance dans leur travail un peu sombre très mélancolique. Je vous invite vivement à aller les écouter car leur musique ne ressemble à rien d’autre que j’avais entendu auparavant et on sent une vraie recherche artistique derrière leur projet, tout ça exclusivement en français bien sûr.

Je m’ennuie tellement que j’suis allée trois fois de suite dans la salle de bain
Pour me laver les mains
Je dois pas tourner rond parce que je confonds
La soif et la faim

Bye bye high school

Le mois dernier, j’ai assisté à mon dernier cours de lycée et terminé toutes mes épreuves de Bac. Ce fut l’occasion pour moi de revenir sur toutes ces années d’école (soit presque toute ma vie à vrai dire) et de réfléchir à ce que  m’aura vraiment appris mon parcours dans le système scolaire français de la primaire au lycée au delà des connaissances et savoirs théoriques.

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Source : Pinterest

Ma France à moi c’est la diversité

J’ai été dans deux lycées différents, un regroupait majoritairement des personnes venant du même milieu social plutôt aisé. La plupart des élèves avait grandi ensemble dans des maisons individuelles loin de la ville dans laquelle se trouvait notre école. Je ne veux pas faire de généralité mais l’ambiance générale favorisait plus l’uniformisation  que  les divergences de façons de pensée, types d’humour et styles vestimentaires. En tous cas, ce fut mon ressenti malgré le fait que beaucoup des élèves étaient en réalité individuellement plutôt ouverts d’esprit. Le deuxième lycée où j’ai été scolarisé était composé d’élèves de tous les horizons. J’y ai aussi bien rencontré des personnes venant de milieux très favorisés qui avaient une maison de campagne et un immense appartement en plein centre ville que des personnes issus de familles qui galèrent vivant dans des HLM  et partageant leur chambre avec plusieurs frères et sœurs. Il y avait aussi beaucoup plus de personnes issus de l’immigration.

Tout au long de l’année j’ai pu me nourrir de leur vécu à travers nos conversations. Il était plus facile d’aller vers les autres car les gens, au lieu d’avoir peur de la différence, étaient curieux de découvrir les modes vie et les opinions de chacun. Dans certaines matières comme la philo où nous pouvions parfois débattre librement, le cours se trouvait enrichi du bagage que chacun avait à apporter. Je me suis sentie si bien dans cette classe, beaucoup plus à ma place que je ne l’avais été auparavant.

Un des buts de l’école est de nous apprendre à vivre ensemble en tant que société.Dans la France d’aujourd’hui telle que je la vois dans mon quotidien , la diversité est omniprésente et mes anciens camarades m’ont prouvé quelque chose en quoi j’ai toujours cru : cette diversité ne remet rien en cause la cohésion de notre société, au contraire c’est une richesse qu’il faut oser exploiter.

Si quelqu’un croit en toi, ça va mieux, si tu crois en toi, tout va mieux

Je pense que dans le parcours de tout élève (en tous cas j’ose l’espérer), il y a eu un prof ou peut être des profs/documentalistes/CPE/conseillers d’orientation… qui nous ont su voir en nous du potentiel que l’on ignorait. Pour ma part ce fut deux profs d’histoire, un au collège et un au lycée ainsi qu’un prof d’art qui m’ont fait comprendre que je devais ouvrir mes perspectives d’avenir et viser plus haut pour moi-même. Au delà du fait que c’était de très bons enseignants dont les cours m’ont énormément intéressé, je leur serai éternellement reconnaissance pour m’avoir motiver à m’investir en classe et donner l’envie de croire en moi. Bien sûr cela fait chaud au cœur de recevoir un compliment sur le coin d’une copie ou dans une case de bulletin surtout pendant l’adolescence où l’on doute beaucoup de nous-mêmes et de nos capacités mais ces encouragements doivent servir de moteur pour oser croire en nous et nous épanouir.

A l’inverse, mon parcours scolaire m’a aussi appris que ce n’était pas parce que des personnes y compris des adultes enseignants ne croient pas en toi qu’il faut tout abandonner. L’important n’est pas d’être le meilleur par rapport aux autres mais d’être fière de soi même et de son travail.

La vie ne s’arrête pas à l’école

Ce constat peut paraître simple mais tout comme on réalise tous un jour que nos parents peuvent se tromper, vient dans toute vie d’écolier le moment où l’on se rend compte que l’école ne pourra pas répondre à toutes nos problèmes. J’ai toujours bien réussi à l’école. Même arrivée au lycée, je n’ai jamais rencontré de problèmes pour passer au niveau supérieur sans trop travailler. Étrangement, j’explique cette réussite scolaire par des éléments qui n’ont rien à voir avec l’enseignement reçu à l’école.

Il est très vite apparu dès que j’ai su comment faire que j’aimais énormément lire. Quand j’étais enfant, avant de découvrir Internet, je ne faisais pratiquement que ça. Lire m’a énormément aidé à développer mon imagination et surtout à savoir comment écrire. Je pense qu’à force de lire certaines syntaxes et un certain vocabulaire, notre style d’écriture s’enrichit. Mes capacités d’écriture m’ont souvent aidé même au delà des cours de français car il est plus facile de camoufler des lacunes ou d’obtenir une excellente note avec quelques connaissances si celles ci sont intelligemment reliées entre elles à l’écrit. J’ai aussi bien sûr réussi car j’ai un minimum le sens de la rigueur et du travail. Mais une nouvelle fois, il ne me semble pas l’avoir appris à l’école mais plutôt en apprenant à jouer du piano classique en dehors de mes cours. A force de répéter les mêmes notes et les mêmes mesures sans cesse jusqu’à que mes doigts soient épuisés, j’ai appris que le travail régulier paye toujours d’une manière ou d’une autre.

Outre mon expérience personnelle, je dirai qu’il est important de reconnaître qu’un tas de qualités utiles pour réussir à l’école  s’enseignent en réalité en dehors du système et que les activités et hobbies devraient être beaucoup plus valorisés. A l’inverse, il est toujours bon de rappeler que ce n’est pas parce qu’un élève échoue dans le système qu’il ne peut pas réussir pleinement dans une branche en dehors de l’école dans une filière artistique ou en intégrant plus tôt le monde du travail par exemple.