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Souvenirs d’un chez soi perdu

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J’ai emménagé dans cette maison quand j’avais moins de 6 mois. Bien sûr, je ne m’en rappelle pas. J’ai appris à marcher dans sa cours, j’ai joué pendant des heures dans son jardin. Nous avions installé un trampoline dans l’herbe et je cueillais les herbes aromatiques que je mettais dans de l’eau pour faire des parfums. Plus tard, j’y ai organisé des soirées d’anniversaire mémorables. Tous mes souvenirs de famille, bons comme mauvais, sont intimement liés à ces murs. J’ai passé un nombre incalculable d’heures dans ma chambre, parfois simplement dans le noir à me balancer au rythme de la musique.

Autour de cette maison, il y a un plateau et un bois. Dans ce bois, une rivière coule dans laquelle je me suis baignée l’été. Depuis que je peux aller me promener toute seule, dès que l’angoisse devient trop grande je descends au bord de la rivière en courant et j’écoute le bruit de l’eau qui coule. Je ne sais pas si un jour, je retrouverais un lieu qui m’apaise autant (à Paris en tout cas cela me parait compromis).  En grandissant, je me suis souvent plains d’habiter ici car j’étais trop loin de la ville et de son animation. Au lycée, je ne pouvais pas sortir comme je voulais pas parce que mes parents étaient strictes mais parce que tous mes amis étaient trop loin et nous avions aucun moyen de transport pour nous rendre où nous aurions aimé être. Pourtant, maintenant que je suis à Paris et que je peux rentrer sans me soucier de l’heure du dernier bus chez moi, j’ai toujours un petit pincement au cœur que je repense à cette maison.

Car cette maison que j’ai quitté le 26 août dernier, je l’ai quitté pour toujours. Je ne pourrai plus jamais y entrer. Tout ce qui me reste d’elle, ce sont des souvenirs comme ceux que je vous ai brièvement raconté. J’ai très peur de l’oubli. Je déteste me dire qu’une chose est finie et que je ne pourrais plus jamais y revenir. Cette maison, c’était l’endroit où je savais que je pouvais toujours me réfugier si quelque chose au dehors ne fonctionnait pas, maintenant je n’ai plus de refuge. A vrai dire, avant de partir j’ai filmé pleins de plans à l’intérieur et à l’extérieur de cette maison, je voulais en faire quelque chose en vidéo aujourd’hui mais je m’en suis senti incapable. Trop tôt. J’ai encore du mal à me dire que je ne pourrais évoquer ces lieux que dans le passé, que je ne peux plus me projeter là-bas. Pour l’instant, c’est simple car je suis à 400 km mais il faudra bien que j’y retourne un jour.

Et toi ? C’est comment chez toi ?

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