Boy Meets Boy de David Levithan (2003)

Un Young Adult simple mais intelligent et très touchant

Publicités

J’ai souvent sur ce blog était difficile avec des livres de Young Adult contemporain (le dernier en date Aristote et Dante …). Pourtant, ce n’est pas un genre que je dénigre. Je trouve juste qu’avec son succès, beaucoup de livres sont sortis pour surfer sur cette tendance et forcément il y en a de plus ou moins bonne qualité. J’avais donc délaissé le ya pendant un moment assez déçu par des histoires répétitives et sans fond ainsi que par le style d’écriture très caractéristique, que j’aime pourtant beaucoup chez certains auteurs, que je trouvais utilisés à l’excès dans certains ouvrages. Le livre dont je vais vous parler date de 2003 (donc avant le phénomène John Green) et a été écrit par David Levithan, une valeur sûre pour ma part.

Afficher l'image d'origine

Si vous êtes familier avec cet auteur, vous devez savoir que David Levithan écrit souvent du YA centré autour de personnages et de problématiques LGBT+. Le personnage principal de Boy Meets Boy, Paul, est donc ouvertement homosexuel et va avoir un coup de foudre pour un autre adolescent qui vient d’emménager dans la même ville. L’originalité du livre réside dans le fait que Paul vit dans une communauté où l’homosexualité et les personnes LGBT+ en général sont parfaitement intégré. L’adolescent, nous explique donc qu’il a fait son coming-out quand il était enfant et n’a pratiquement jamais subi d’homophobie aussi bien dans sa famille qu’à l’école. Pourtant, la ville fictive où il se trouve n’est pas une immense métropole : c’est une petite bourgade du New Jersey où il y a seulement un seul lycée. La seule victime d’homophobie est Toni, un ami homosexuel de Paul, qui n’habite pas au même endroit que les autres adolescents. Il évolue dans une famille très catholique qui condamne très violemment son homosexualité.

Il serait facile de reprocher à David Levithan d’avoir écrit un livre irréaliste et de fermer les yeux sur les problèmes spécifiques  d’intolérance que rencontrent la communauté LGBT+. Je pense, au contraire, que ce choix d’environnement pour son roman est intéressant. Cette communauté certes idéalisée, où un jeune couple gay de 15 ans peut s’embrasser librement dans les lieux publics et où le lycée accepte qu’une ado transgenre soit à la fois Reine du lycée (« Prom Queen ») et quaterbake de l’équipe de football, est une manière pour David Levithan de nous montrer ce que devrait être notre société. Au lieu d’écrire explicitement sur la LGBTophobie, l’auteur a choisi un autre angle pour lutter contre elle. Il nous présente en effet un monde pratiquement sans violence, un monde où les ados LGBT+ ont des problèmes semblables à tous les autres ados. En effet, dans la romance à aucun moment, le fait que les deux personnages soient homosexuels ne pose problème pour le développement de leur couple. Il y a bien des obstacles à cet amour mais ce sont des obstacles assez classiques que peuvent traverser n’importe quel couple adolescent, homosexuel ou hétérosexuel. Le but de ce livre n’est pas de nier la LGBTophobie, David Levithan sait bien que notre monde aujourd’hui ressemble plus souvent à la ville de Toni qu’à celle de Paul mais il veut nous montrer ce que devrait être notre société : un lieu tolérant où les personnes LGBT sont en sécurité. Ce livre nous apprend que parfois, omettre des problèmes pour mieux les faire ressortir par leur absence est encore plus poignant que d’en parler ouvertement.

Autre fait très appréciable, c’est que les relations entre les personnages sont tout sauf cliché. On a par exemple, une très belle relation d’amitié entre Toni et Paul qui sont les deux homosexuels (oui, oui je vous assure que deux gays peuvent être amis sans sexe) et les personnages secondaires sont très bien travaillés. Le seul petit bémol pour moi est le fait que l’homophobie que subit Toni soit lié à une question de religion. Attention, je ne dis pas qu’il n’y pas de communautés qui sont homophobes sous couvert de religion (ce qui est bien sûre très discutable) mais dans un livre comme celui-ci qui s’éloigne des clichés, une figure de croyant (peu importe la religion) gay-friendly aurait été la bienvenue. Le grand public connaît bien  la non tolérance de certaines églises à l’égard de la communauté LGBT + mais on connaît moins l’existence de toutes ces personnes croyantes qui œuvrent pour l’intégration de cette communauté et même de nombreuses personnes LGBT+ très attachées à leur religion. Il serait intéressant de voir une fois dans de la fiction un personnage pour lequel son orientation sexuelle ou son genre ne soit pas forcément opposé à sa pratique religieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s