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Souvenirs d’un chez soi perdu

J’ai emménagé dans cette maison quand j’avais moins de 6 mois. Bien sûr, je ne m’en rappelle pas. J’ai appris à marcher dans sa cours, j’ai joué pendant des heures dans son jardin. Nous avions installé un trampoline dans l’herbe et je cueillais les herbes aromatiques que je mettais dans de l’eau pour faire des parfums. Plus tard, j’y ai organisé des soirées d’anniversaire mémorables. Tous mes souvenirs de famille, bons comme mauvais, sont intimement liés à ces murs. J’ai passé un nombre incalculable d’heures dans ma chambre, parfois simplement dans le noir à me balancer au rythme de la musique.

Autour de cette maison, il y a un plateau et un bois. Dans ce bois, une rivière coule dans laquelle je me suis baignée l’été. Depuis que je peux aller me promener toute seule, dès que l’angoisse devient trop grande je descends au bord de la rivière en courant et j’écoute le bruit de l’eau qui coule. Je ne sais pas si un jour, je retrouverais un lieu qui m’apaise autant (à Paris en tout cas cela me parait compromis).  En grandissant, je me suis souvent plains d’habiter ici car j’étais trop loin de la ville et de son animation. Au lycée, je ne pouvais pas sortir comme je voulais pas parce que mes parents étaient strictes mais parce que tous mes amis étaient trop loin et nous avions aucun moyen de transport pour nous rendre où nous aurions aimé être. Pourtant, maintenant que je suis à Paris et que je peux rentrer sans me soucier de l’heure du dernier bus chez moi, j’ai toujours un petit pincement au cœur que je repense à cette maison.

Car cette maison que j’ai quitté le 26 août dernier, je l’ai quitté pour toujours. Je ne pourrai plus jamais y entrer. Tout ce qui me reste d’elle, ce sont des souvenirs comme ceux que je vous ai brièvement raconté. J’ai très peur de l’oubli. Je déteste me dire qu’une chose est finie et que je ne pourrais plus jamais y revenir. Cette maison, c’était l’endroit où je savais que je pouvais toujours me réfugier si quelque chose au dehors ne fonctionnait pas, maintenant je n’ai plus de refuge. A vrai dire, avant de partir j’ai filmé pleins de plans à l’intérieur et à l’extérieur de cette maison, je voulais en faire quelque chose en vidéo aujourd’hui mais je m’en suis senti incapable. Trop tôt. J’ai encore du mal à me dire que je ne pourrais évoquer ces lieux que dans le passé, que je ne peux plus me projeter là-bas. Pour l’instant, c’est simple car je suis à 400 km mais il faudra bien que j’y retourne un jour.

Et toi ? C’est comment chez toi ?

Pépites du web #1

Avant même  de proposer du contenu sur Internet, je suis surtout une grande consommatrice de blogs et de vidéos. J’ai donc décidé de créer un rdv mensuel sur ce blog pour partager vous quelques liens que j’ai particulièrement aimé de mois-ci.

Commençons avec les blogs !

Tout d’abord, cet article de Poulet Rotique sur le lien entre égalité des genres et économie.

Puis ensuite, deux très beaux articles qui inventent à réfléchir sur sa propre vie : celui de Camille pour ses 29 ans  et celui de Mai sur ses vacances dans une communauté auto-suffisante au Pays de Galles.

Du côté de Youtube

Cette très belle vidéo de Solande sur son ami Alma qui a aussi une chaîne Youtube que je vous recommande ! Je crois que mes vidéos préférées de Solange sont celles où elle fait des portraits de ses proches.

Guilhem est probablement le youtuber qui me fait le plus rire alors quand il mélange son humour avec des sujets d’actualité ou de société, je suis sous le charme. Sa vidéo est juste tellement intelligente et pourra informer beaucoup de personnes.

Et pour finir, si vous comprenez l’anglais, je vous laisse avec cette vidéo toute en poésie qui m’a fait tellement de bien détestant comme sa créatrice les small talk.

Voilà c’est tout pour ce mois-ci ! Et vous ? Quels sont vos pépites du web ?

Boy Meets Boy de David Levithan (2003)

Un Young Adult simple mais intelligent et très touchant

J’ai souvent sur ce blog était difficile avec des livres de Young Adult contemporain (le dernier en date Aristote et Dante …). Pourtant, ce n’est pas un genre que je dénigre. Je trouve juste qu’avec son succès, beaucoup de livres sont sortis pour surfer sur cette tendance et forcément il y en a de plus ou moins bonne qualité. J’avais donc délaissé le ya pendant un moment assez déçu par des histoires répétitives et sans fond ainsi que par le style d’écriture très caractéristique, que j’aime pourtant beaucoup chez certains auteurs, que je trouvais utilisés à l’excès dans certains ouvrages. Le livre dont je vais vous parler date de 2003 (donc avant le phénomène John Green) et a été écrit par David Levithan, une valeur sûre pour ma part.

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Si vous êtes familier avec cet auteur, vous devez savoir que David Levithan écrit souvent du YA centré autour de personnages et de problématiques LGBT+. Le personnage principal de Boy Meets Boy, Paul, est donc ouvertement homosexuel et va avoir un coup de foudre pour un autre adolescent qui vient d’emménager dans la même ville. L’originalité du livre réside dans le fait que Paul vit dans une communauté où l’homosexualité et les personnes LGBT+ en général sont parfaitement intégré. L’adolescent, nous explique donc qu’il a fait son coming-out quand il était enfant et n’a pratiquement jamais subi d’homophobie aussi bien dans sa famille qu’à l’école. Pourtant, la ville fictive où il se trouve n’est pas une immense métropole : c’est une petite bourgade du New Jersey où il y a seulement un seul lycée. La seule victime d’homophobie est Toni, un ami homosexuel de Paul, qui n’habite pas au même endroit que les autres adolescents. Il évolue dans une famille très catholique qui condamne très violemment son homosexualité.

Il serait facile de reprocher à David Levithan d’avoir écrit un livre irréaliste et de fermer les yeux sur les problèmes spécifiques  d’intolérance que rencontrent la communauté LGBT+. Je pense, au contraire, que ce choix d’environnement pour son roman est intéressant. Cette communauté certes idéalisée, où un jeune couple gay de 15 ans peut s’embrasser librement dans les lieux publics et où le lycée accepte qu’une ado transgenre soit à la fois Reine du lycée (« Prom Queen ») et quaterbake de l’équipe de football, est une manière pour David Levithan de nous montrer ce que devrait être notre société. Au lieu d’écrire explicitement sur la LGBTophobie, l’auteur a choisi un autre angle pour lutter contre elle. Il nous présente en effet un monde pratiquement sans violence, un monde où les ados LGBT+ ont des problèmes semblables à tous les autres ados. En effet, dans la romance à aucun moment, le fait que les deux personnages soient homosexuels ne pose problème pour le développement de leur couple. Il y a bien des obstacles à cet amour mais ce sont des obstacles assez classiques que peuvent traverser n’importe quel couple adolescent, homosexuel ou hétérosexuel. Le but de ce livre n’est pas de nier la LGBTophobie, David Levithan sait bien que notre monde aujourd’hui ressemble plus souvent à la ville de Toni qu’à celle de Paul mais il veut nous montrer ce que devrait être notre société : un lieu tolérant où les personnes LGBT sont en sécurité. Ce livre nous apprend que parfois, omettre des problèmes pour mieux les faire ressortir par leur absence est encore plus poignant que d’en parler ouvertement.

Autre fait très appréciable, c’est que les relations entre les personnages sont tout sauf cliché. On a par exemple, une très belle relation d’amitié entre Toni et Paul qui sont les deux homosexuels (oui, oui je vous assure que deux gays peuvent être amis sans sexe) et les personnages secondaires sont très bien travaillés. Le seul petit bémol pour moi est le fait que l’homophobie que subit Toni soit lié à une question de religion. Attention, je ne dis pas qu’il n’y pas de communautés qui sont homophobes sous couvert de religion (ce qui est bien sûre très discutable) mais dans un livre comme celui-ci qui s’éloigne des clichés, une figure de croyant (peu importe la religion) gay-friendly aurait été la bienvenue. Le grand public connaît bien  la non tolérance de certaines églises à l’égard de la communauté LGBT + mais on connaît moins l’existence de toutes ces personnes croyantes qui œuvrent pour l’intégration de cette communauté et même de nombreuses personnes LGBT+ très attachées à leur religion. Il serait intéressant de voir une fois dans de la fiction un personnage pour lequel son orientation sexuelle ou son genre ne soit pas forcément opposé à sa pratique religieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un aller simple pour Paris

Il y a maintenant deux semaines, j’ai quitté ma mère, mon chat et ma maison pour partir à 400km de chez moi. J’ai tout quitté pour ne jamais revenir. Je peux bien sûr retourner voir ma mère et mon chat mais la maison est vendue, j’ai passé toute ma vie dedans et je n’y remettrai jamais plus un pied.

Chez moi, maintenant, c’est une chambre de 9m² dans Paris. Sur le coup, partir a été facile. J’ai dis au revoir à mes amis comme je leur aurais dit au revoir la vieille d’un départ de vacances. Il n’y a eu ni grands discours ni larmes et c’est peut-être mieux comme ça. C’est mon choix de venir ici, la ville, je la réclame depuis le collège. J’ai grandi à la campagne même si j’étais non loin d’une grand ville, sans permis voiture je ne pouvais pas aller au cinéma ou sortir le soir où j’en avais envie. J’ai été en colère face à cette situation, j’en ai même voulu à mes parents de s’être installé ici et surtout à mon père d’être retourné en ville me laissant au milieu des champs. Pourtant, avant de partir, j’ai passé une semaine dans les Alpes suisses coupées du monde avec grand plaisir et je n’ai pas arrêté de me balader autour de chez moi alors que depuis mon entrée au lycée, je ne le faisais presque plus. C’est triste de se dire que parfois il faut tout abandonner pour se rendre compte de la beauté qui était juste sous nos yeux.

Paris, ça va. Le début est un peu difficile car je ne connais personne ici. Quand je me sens trop seule, je me force à sortir rien que pour aller faire un tour dans mon quartier et tout de suite ça va mieux. J’ai des gens avec qui parler quand je vais à la fac ou même chez moi vu que je suis en collocation mais personne ne me connait ici. Avec ces gens, je dois me forcer à créer des souvenirs car nous en avons aucun à partager. Ici, rien est déjà défini, tout est à construire et c’est parfois tellement fatiguant. En bonne introvertie, je ne suis pas du tout douée pour les « small talks » et doit faire des efforts pour commencer une conversation. Je sens toutes les possibilités que Paris a à m’offrir mais il y a pleins de choses que je n’ose pas faire seule. Aller à une expo ou au ciné seule ne me pose aucun problème mais dès que vient le soir, je suis blottie dans mon lit avec un thé et une série car je n’ai personne avec qui allait explorer la ville.

J’écris cet article, très personnel, parce que je sais qu’en ce moment nous sommes beaucoup à avoir quitté nos foyers pour aller vivre ailleurs, certains ont dû faire des voyages beaucoup plus importants que moi, d’autres sont peut-être encore sur la route. Peut-être que certains sont tentés de faire demi-tour et de rentrer chez eux mais moi malgré la solitude et l’absence de tout repère, je suis heureuse d’être ici et j’ai envie de me battre pour me faire une place.

Nocturama de Bertrand Bonello (2016)

Comment peut-on en dire énormément sur notre société en très peu de phrases ?

J’avais prévu de vous faire un article sur une autre oeuvre mais voilà, hier soir je suis allée au ciné et hier soir je me suis pris une claque.

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Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, c’est une de mes collocs qui me l’avait conseillé. Au début, clairement, je me suis demandée pourquoi j’avais suivi sa recommandation. Dans toute la première partie du film (qui est plutôt long, 2h10), on suit plusieurs personnages dans le métro puis dans les rues de Paris. Il faut être attentif pour attraper au passage toutes les informations distillées par le réalisateur pour nous faire comprendre l’intrigue et le premier dialogue (il y en a vraiment pas des masses dans le film) doit arriver autour de la vingtième minute. Beaucoup seront découragés et déçus par cette première partie mais, personnellement, je trouve que ça fait du bien de temps en temps de ne pas tout donner au spectateur et de le laisser un peu se débrouiller par lui-même.

Réfléchir, il le faudra parce que du début à la fin, le film soulève pleins de questions laissés sans réponse. Le scénario tient à vrai dire en une ligne : un groupe de jeunes, d’environ 12 à 30 ans et venant de tout milieu social, commet une série d’attentats dans différents lieux de la capitale. Comment ses jeunes se sont-ils rencontrés ? Quelles sont leurs revendications ? En ont-ils seulement ? Le spectateur peut bien sûr se faire son avis sur ces questions car les endroits visés sont hautement symboliques mais ces réponses ne viendront en tout cas pas des bouches des protagonistes.

On peut facilement abandonner le film dès le début décontenancé par sa vitesse et passé à côté de son propos. Toutefois, si on fait l’effort intellectuel de s’accrocher aux personnages, l’émotion va crescendo. Je me suis réellement senti impliqué au sein de ce groupe même si je ne suis pas encore sûre d’en avoir bien cerner tous les membres. Les acteurs sont excellents surtout lorsqu’on sait que la moitié d’entre eux n’avaient jamais été devant une caméra avant.

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La force du film réside, cependant, dans la réalisation. Putain, qu’est ce que c’était beau ! Pourtant Bonello filme des lieux de la vie quotidienne (le métro, l’immense magasin de la deuxième partie …) mais tous les plans sont soigneusement travaillés. J’ai trouvé que la BO était particulièrement bien choisie surtout qu’elle est très importante dans un film avec aussi peu de dialogues. Il y a des scènes qui vont clairement me hanter pour un moment.

Je vous encourage vraiment à aller voir le film rien que pour voir quelque chose qui sort de l’ordinaire et qui pousse vraiment le spectateur à réagir et à se poser des questions sur notre société et la place de la jeunesse dans celle-ci.

Encore plus …

Si vous voulez aller plus loin après avoir vu le film, je vous recommande cette interview du réalisateur par Timeout.fr et celle-ci de deux acteurs du film par Madmoizelle.

Nocturama m’a également fait pensé à deux autres films reprenant la même thématique de la jeunesse qui se cherche avec la même recette, un scénario plutôt minimaliste et de très beaux plans : Palo Alto de Gia Coppola que j’avais chroniqué ici  et bien, sûr, un de mes films préférés de tout les temps, Virgin Suicides de Sofia Coppola. Ici, la comparaison me parait encore plus pertinente car dans le deux films il n’est jamais clairement dit pourquoi les personnages en viennent à commettre des actes aussi extrêmes, attentats ou suicides.

Petit guide pour débutant en fripe

3 raisons d’aller en fripe et 3 conseils pour ne pas être perdu la première fois

Aujourd’hui, on va parler friperie ! J’ai acheté pour la première fois un vêtement de seconde main à Berlin, il y a plus de 4 ans. C’était il n’y a pas si longtemps mais à l’époque, il y a vraiment très peu de friperies en France en dehors de Paris (je parle de vrais boutiques de seconde main et pas de magasins caritatifs type Emmaüs et Secours Populaire). Depuis, j’ai l’impression que de nombreux magasins de ce genre se sont ouverts un peu partout. Cependant, peut-être que tu es réticent à entrer dans une friperie, j’espère te convaincre avec cet article d’y aller faire un tour !

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Pull, Berlin, 2013

Pourquoi c’est bien ?

 Fini d’avoir le même pull que la meuf que tu viens de croiser dans la rue

Quelqu’un qui aime la mode et qui cherche des pièces fortes pour enrichir son style a intérêt à aller faire un tour en friperie. En effet, aucune chance que deux personnes achètent le même article car tout est unique. Comprends là, bien sûr, que le vêtement que tu achètes n’est pas le seul sur Terre mais qu’il y en a qu’un seul dans la boutique où tu l’as trouvé et qu’il date déjà de 10 ans, 20 ans ou plus donc qu’il est extrêmement peu probable de croiser quelqu’un dans ta ville qui a le même.

Certaines matières vieillissent bien, très bien

J’ai remarqué que beaucoup de personnes pense qu’acheter des vêtements déjà portés n’est pas « hygiénique ». Bon, si on parle de lingerie je peux comprendre mais sinon, moi, je trouve ça plutôt cool de porter un vêtement qui a déjà une histoire. Il y a certes quelques fois un ou deux boutons à recoudre sur un vêtement mais en général le fait que la pièce soit déjà usée lui rajoute du charme. Je pense notamment au cuir qui vieillit très bien. Certains vestes ou sacs sont, j’en suis sûre, beaucoup plus beaux maintenant que lorsqu’ils étaient neufs.

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Veste en cuir, 1€,  Annemasse, 2015

 

Une manière de t’opposer à la consommation de masse

Acheter un vêtement en friperie c’est aussi ne pas acheter un vêtement dans les grands maisons de l’industrie textile standard. Je ne t’apprends rien en vous disant que notre société actuelle nous pousse à toujours plus produire et consommer au détriment de la qualité des produits et de la préservation de notre planète. Alors pourquoi ne pas réutiliser ce que nous avons déjà produits et qui est toujours utilisable au lieu de vouloir du neuf à tout prix ? Reparlons du cuir, par exemple, je ne veux plus en acheter car cela serait trop opposé à mes valeurs et mon mode d’alimentation actuel. Mais j’aime énormément cette matière et je sais que c’est un gage de qualité alors je n’achète plus que du cuir de seconde main (je sais qu’il existe d’un cuir synthétique/vegan mais c’est dur à trouver en dehors d’Internet). Si un animal a dû mourir pour une veste ou des chaussures, autant utilisez celles-ci jusqu’au bout car l’animal ne reviendra malheureusement pas.

J’aurai encore de nombreuses choses à dire sur le lien entre vêtements de seconde main et éthique/développement durable/refus des modes de consommation tradi et je t’invite sincèrement à y  réfléchir. Personnellement, si aujourd’hui je m’habille presque exclusivement en friperie, c’est parce que les magasins classiques (sous-entendus les magasins proposant les mêmes prix que les friperies) et les centres commerciaux me mettent très mal à l’aise avec tous leurs appels à la consommation et leur ambiance impersonnelle. Il est aussi important de préciser que les friperies sont souvent des endroits agréables, bien décorées et tenues par des gens passionnés ouverts au partage.

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Jean Levi’s, 35€ chacun, Marseille, 2015/2016

Okay, je vais y aller mais je ne sais pas trop comment faire

Etape 1 : Trouver une friperie

Plus tu habites dans une grande ville, plus tu as de chance d’en trouver. Si tu habites dans un bled paumé pense à en chercher quand tu pars en voyage que ce soit en France ou à l’étranger (c’est ce que j’ai fait jusqu’à que je déménage à Paris et j’en ai trouvé dans pleins de villes européennes ou non). Sinon, il y a aussi des friperies qui ont un shop en ligne ou même des e-shop comme Asos qui se sont lancés dans le seconde main avec Asos Market Place mais je ne conseille pas forcément d’acheter sans essayer n’importe quelle pièce. En ville, les friperies sont souvent rassemblées dans les mêmes quartiers (La Plaine à Marseille ou Le Marais à Paris), quartiers souvent assez jeunes/bobo/arty.

Il est important de savoir qu’il existe plusieurs types de friperies avec différentes gammes de prix. Il y a des friperies très peu chères avec parfois même des rayons tout à 1€ où les habits ne sont pas très bien rangés et où il faut vraiment fouillé et des friperies plus haute gamme où les produits proposés sont sélectionnés avec soin (jean Levi’s, veste de marque…) mais où les prix peuvent parfois grimpés. Pour vous donner un repère, une veste Levi’s en jean coûte dans une boutique correcte entre 35 et 50€ selon le modèle et l’état du vêtement. Ensuite, il y a aussi tout ce qui est marché au puce et vide-grenier, ce ne sont pas des friperies mais ça reste du seconde main.

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Chemise liberty bleu, Montréal, 2015  / Chemise de bûcheron, Tokyo, 2014 / Sweat mexicain, Biarritz, 2015

Etape 2 : Garder l’œil ouvert

Si tu veux pleinement apprécier ton expérience en friperie, il vaut mieux partir sans aucune idée en tête et te laisser tenter une fois sur place. Si tu désires quelque chose de trop précis, tu risques de ne rien trouver et de ressortir amer de ta journée shopping. Une fois que tu seras devenu un habitué des fripes, tu pourras rechercher un certain type de pièces mais au début, il vaut mieux rester flou dans ses envies et se laisser surprendre pour ne pas être déçu. Surtout n’ayez pas peur de fouiller et d’essayer tout ce qui accroche ton regard même si c’est des formes ou des couleurs que tu n’as pas l’habitude de porter car elles ne se trouvent plus trop en magasin actuellement. Enfin, demande conseil ! Comme je le disais plus haut souvent les gérants ou employés de friperie sont de réels passionnés de mode et peuvent t’aider. Je n’aurai jamais trouver des jeans qui me vont parfaitement après deux trois essayages sans l’aide de vendeurs.

 Etape 3 : Choisir quoi ramener chez soi

Dans le friperies peu chères, on est parfois vite tenté d’acheter pleins de pièces parce que bon ça coûte juste 1€ de plus et on se retrouve à rentrer à la maison les mains pleines. Après, il faut encore pouvoir ranger et surtout porter régulièrement tous ces nouveaux achats. En friperie, encore plus que dans un magasin classique, il est important de se demander avant d’acheter si l’on va vraiment mettre ce que l’on va acheter. En effet, on trouve souvent des pièces fortes avec des imprimés, des couleurs ou des matières qui sortent de l’ordinaire ce qui est plutôt cool mais il faut être sûr de pouvoir assumer et d’avoir déjà avec quoi porter ces pièces.

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Chemise, 1€, Paris, 2016 / Veste en fausse fourrure, 15€, Paris, 2016

Je te recommande aussi de toujours bien faire attention à l’état de la pièce avant de l’acheter (regarde bien toutes les coutures, vérifie les fermetures éclairs et les boutons…). Les défauts sont souvent minimes et tu pourras les réparer toi-même mais ça te permettra de négocier le prix. Fais aussi attention au moyen de lavage des vêtements ! Certains produits ne se lavent qu’à la main et il faut peut être les éviter si tu sais, comme moi, que tu auras toujours la flemme de t’en occuper !

 

 

 

 

 

 

 

3 pièces de théâtre contemporain

Pourquoi lire du théâtre ?

Aujourd’hui, je reviens pour parler théâtre. J’aime le théâtre sous toutes ses formes, en tant que comédienne, en tant que spectatrice et en tant que lectrice. Avec la sortie de Harry Potter and the Cursed Child, je me suis rendue compte que beaucoup de gens n’avaient pas l’habitude de lire du théâtre. Même si le théâtre est fait pour être vu et entendu, on peut découvrir de véritables pépites en lisant certaines pièces. J’ai choisi de vous conseiller trois pièces de théâtres contemporains, bien loin des pièces de théâtre que vous avez dû être forcé de lire au lycée. Si vous avez du mal à rentrer dans l’histoire lorsque vous lisez une pièce, je vous conseille d’essayer de lire à haute voix, seul ou à plusieurs si il y a plusieurs personnages. Je vous recommence également d’emprunter à votre bibliothèque plutôt que d’acheter les ouvrages car en général ils coûtent plutôt cher.

Chroniques des jours entiers, des nuits entières de Xavier Durringer – 1996

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sexe, drogue et rock’n’roll (enfaite non)

Cette pièce, c’est un dialogue entre plusieurs personnages : jeunes, français, de classe moyenne voir de milieux modestes. Ils n’ont pas réussi leur vie mais ils ne sont pas malheureux pour autant, il y a un couple qui se disputent sans arrêt, un célibataire désespéré, deux « voyous » voleurs de piano … Le talent de Durringer, dramaturge, metteur en scène et réalisateur, réside dans son écriture. Le style est vif, les répliques fusent et les longs monologues sont rythmés. Les personnages, reflet d’une certaine jeunesse française qui s’ennuient et qui ne trouvent pas sa place, ne brillent pas par leur intelligence ou leurs bonnes actions mais on ressent la profonde tendresse qu’éprouve pour eux leur créateur.

Si on enlève toutes les heures inutiles, toutes les heures qu’on a passé à se laver, à manger, à boire, à aller faire les courses, à préparer à manger, à mettre la table, à regarder la télé, à travailler, à partir travailler, à revenir, à être sur les routes, entre deux endroits, deux trains, deux appartements, à dormir.
Qu’est-ce qui me reste ?

4.48 Pychose de Sarah Kane – 2000

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le contenu du livre est 1000 fois plus créatif que sa couverture

Sarah Kane est une dramaturge britannique qui s’est suicidée à l’âge de 28 ans en 1999. Cette pièce, sa dernière, est un long monologue d’une femme hospitalisée à cause d’une sévère dépression, maladie dont Sarah Kane souffrait. Ce texte, entre la fiction et l’autobiographie sous forme de théâtre, a été un véritable coup de poing pour moi. Sa lecture est très éprouvante physiquement, j’ai vraiment ressenti la douleur et la détresse du personnage. Ce monologue s’approche de la poésie en vers libres car l’écriture de Kane est très majestueuse bien que violente et crue et  la mise en page n’est pas la même qu’une pièce de théâtre classique, l’auteur joue avec la ponctuation et les espaces. Lors de la première représentation de la pièce en France, c’est Isabelle Hubert qui a interprété le texte, j’aurai tellement aimé voir cette mise en scène !

Si on enlève toutes les heures inutiles, toutes les heures qu’on a passé à se laver, à manger, à boire, à aller faire les courses, à préparer à manger, à mettre la table, à regarder la télé, à travailler, à partir travailler, à revenir, à être sur les routes, entre deux endroits, deux trains, deux appartements, à dormir.
Qu’est-ce qui me reste ?Parfois je me retourne et retrouve votre odeur et je ne peux pas continuer je ne peux pas continuer putain sans exprimer ce terrifiant ah putain cet effrayant ce blessant putain de besoin physique que j’ai de vous. Et je ne peux pas croire que je peux ressentir ça pour vous et que vous, vous ne ressentiez rien. Vous ne ressentez rien ?
Silence.
Vous ne ressentez rien ?
Silence.

Cendrillon de Joël Pommerat, 2011

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comme quoi c’est possible de faire des belles couvertures de pièces de théâtre

Pour finir sur une note plus légère, parlons réécriture de conte. Joël Pommerat est un des dramaturges et metteurs en scène français les plus connus de sa génération. Pour être honnête, je ne connais pas l’ensemble de son travail mais depuis quelques années il s’amuse à monter des spectacles transposant des contes classiques dans une époque plus contemporaine. Après Le Petit Chaperon Rouge et Pinnochio, il s’est donc attaqué à Cendrillon qui devient dans la pièce Sandra. Cette réécriture est surtout centré autour du thème du deuil et plus précisément de la culpabilité d’être encore en vie quand un de ses proches n’est plus là car la jeune fille doit remonter la pente après le décès de sa mère alors que son père est bien décidé à refaire sa vie. La morale de l’histoire est donc tout autre que celle du conte original. De plus, la pièce est très poétique et si on la lit sans jamais avoir vu la scénographie du spectacle, il est plaisant de s’imaginer le décor et les costumes avec les didascalies (la maison de la belle-mère est en verre, Sandra a en permanence une horloge autour de son cou pour ne pas oublier de penser à sa mère …).

La très jeune fille :
Je crois que des fois dans la vie, on se raconte des histoires dans sa tête, on sait très bien que ce sont des histoires, mais on se les raconte quand même.

C’est plus difficile de parler de pièces de théâtre à lire que je le pensais ! Je n’ai vu aucune mise en scène des oeuvres dont je vous parle et je crois qu’il est plus facile de parler de théâtre en tant que spectatrice qu’en tant que lectrice. Si le théâtre vous intéresse dites le moi dans les commentaires, je pourrai faire un article sur des spectacles qui m’ont marqué ou sur ma pratique personnelle du théâtre!